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Articles de la rubrique "Conte fantastique " la fin du cauchemar""
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AVRIL 2007

PHILIPPE DEGRADY

DANS

LA FIN DU CAUCHEMAR

Ceci demeure une histoire irréelle

Je me devais de vous le signaler

Si vous vous trouvez dedans

C’est simplement par le pouvoir de la magie.

Et sous l’égide brulante de ma plume.

L’auteur

 

 Tout le monde sait ce qu’est un conte

J’entends par là un conte fantastique

Je vais essayer de m’appliquer au mieux

Et vous faire rêver un petit moment.

 

INTRODUCTION

 

  Que penseriez-vous de suivre le méandre de mes pensées pour voyager un peu dans le temps ?

  Mon idée semble assez bonne.

  Je vous propose et ceci avec un immense plaisir de lire une histoire irréelle.

  Une aventure allant d’un point A pour se rendre au point B celui qui est le plus élevé relève déjà d’une plume décidée.

  Ce roman pour moi sera à votre goût, il en faut pour tout un chacun.

  Bien sur ce type d’écrit  ne plait pas forcément à tout le monde.

  Je le conçois aisément, on peut aimer autre chose et c’est normal.

  Nous avons heureusement chacun nos propres goût, de ce fait on lit ce que l’on préfère.

  Je n’ai aucune prétention et je ne dis pas que je viens d’achever un chef-d’œuvre !

  Des auteurs plus connus que moi sont parvenus à ce résultat. Ils ont mon respect.

  Si un jour je peux prétendre écrire au chef-d’œuvre, vous le saurez, mais ce n’est pas pour

demain. Moi toujours je n’y crois pas.

  Le talent, le vrai ne s’invente pas et qui en a plus qu’un autre dans un ouvrage littéraire ?

  Moi je n’ai pas la réponse, sinon je vous en ferais part.

Le talent seul ne suffit pas pour créer ce genre de bouquin, il faut aussi des idées, dans  l’imaginaire  fantastique on doit livrer son propre combat car entre deux contes tout doit changer.

  On ne peut imaginer créer deux fois la même chose ou serait le charme et la surprise.

  Moi, je vous invite à lire cet amas de mots de phrases mis bout à bout et lorsque vous aurez bien  voyagé, lorsque vous apercevrez le mot fin.

  Alors vous pourrez y aller avec vos critiques, bonnes ou mauvaises.

   Il en faut car c’est de cette façon que l’on peut s’améliorer et devenir toujours meilleur sans pour  cela obtenir le top du summum.

  Rendu à ce niveau on doit être un maitre dans tous les domaines.

  Le summum ne peut être dépassé, heureux celui qui y parvient.

  Je vous souhaite une très bonne lecture, ensuite lorsque vous fermerez ce livre, votre visage aura changé.

  Car un roman se ferme toujours sur un soupir ou sur un visage voilé.

  Voila pour l’entrée en matière, maintenant je vais débuter ce conte fantastique et essayer de vous faire passer un agréablement moment.

  Comptez sur moi, je vais donner presque le meilleur pour garder votre amitié et non pas obtenir le pire.

  Merci de me comprendre et de m’encourager si vous croyez que je le mérite.

                       

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CHAPITRE UN

DE LA NEIGE EN JUILLET

 

  Les deux personnes présentes se posaient beaucoup de questions en ce début juillet pas très chaud. Le vent soufflait, on entendait dans le lointain la mer grondée, on devinait son écume immaculée se fracasser avec rage sur les rochers avoisinants, venir geindre avec force en gémissant de douleur ou pleurer en grimaçant. Du ciel des trombes d’eaux se déversaient inondant les caves et faisant par moments dévier les cours d’eau, oui... L’eau ne cessait de tomber, quand à la température elle ne dépassait pas les zéro degrés pour ce mois de juillet, parfois même la neige répandait son voile de froidure enjolivant notre planète. Par  période ou le soleil chauffait beaucoup trop et personne ne songeait à la plage ou simplement à bronzer, trop de risques d’attraper une insolation et d’avoir de sérieux problèmes en s’apercevant qu’au bout de deux minutes la peau formait des cloques et celles-ci éclataient comme des ballons trop gonflés ou des saucisses trop cuites,  laissant apparaître des brulures aux premier degré avec une température avoisinant les soixante dix degrés. Le temps était t’il devenu fou ? Il y a huit jours de cela on avait désigné deux personnes, deux hommes qui se prénommaient Arnaud et Paul pour parvenir à régler l’affaire du siècle. Celle-ci remontait déjà à vingt ans. Des équipes se succédaient en venant habiter dans une très belle maison pour une durée d’un mois. Sur ce coup pas une seule équipe de deux personnes n’étaient parvenues  à un résultat. Malgré des recherches intenses menées pendant toutes ces années et par d’innombrables équipes qui se remplaçaient, le mystère demeurait total. Ce fait divers de l’époque avait causé des soucis en haut lieu et bien sur tous les chefs d’états ne savaient plus où donner de la tête. Il fallait songer aux familles qui par faute de ne presque rien avoir à manger s’en prenaient aux hautes sphères, les champs, les cultures, tout grillaient  par le manque d’eau ou par assez d’eau. Les gens parfois ne pouvaient aller à leur labeur, soit le soleil les faisaient perdre  connaissance ou par la faute de l’eau qui coulait en trombe, on ne pouvait plus circuler. La neige devenait souci également. Le déluge et la chaleur, c’était ainsi depuis vingt ans cette année. Donc tout ce qui ce trouvait en ce bas monde restait à la maison, on apportait aux familles par le service de la ville ou par l’armée des victuailles chaque jour, même la nuit, L’état en était venu à faire les trois huit pour subvenir aux besoins des terriens en vidant les caisses du budget. Les dossiers de réclamations s’entassaient sur les bureaux. Les présidents devaient tout mettre en œuvre pour trouver le ou les solutions et expliquer à la nation de quoi il retournait.  Des millions de personnes, enfants, femme et hommes trouvaient la mort. Il fallait que ce phénomène cesse et très vite. Que Jupiter, Zeus et le reste retrouvent le calme, l’apaisement qui ferait revenir sur notre terre la vie d’autrefois, la vie calme et sereine. Pouvoir écouter le chant d’un oiseau en se tenant la main et en marchant doucement dans un chemin  de campagne, ces chemins   qui n’existaient plus. La planète terre devenait une épave. Mais n’était pas en danger sur les hauteurs. Alors dans cette immense maison, deux hommes expliquaient aux deux successeurs qui ne se connaissaient pas, qu’il fallait agir très vite, cette enquête devait trouver une juste fin dans un mois. Cette équipe n’avait  aussi qu’un mois, ce qui parait infime. Il en dépendait énormément de choses. Les deux hommes prenaient des notes. Et il faut bien comprendre que personne dans cette grande pièce n’avait de l’expérience pour mener à bien l’aboutissement recherché.  Pour eux cette enquête devenait un vaste champ de foire où tout se mélangeait. Une   demi-heure  après, les deux messieurs repartirent en laissant sur des étagères des tas de journaux, des vidéos, des photos. Tout était répertorié, étiqueté. On mettait aussi à leur disposition deux ordinateurs avec des logiciels variés qui dataient de ces vingt  dernières années. Ces mêmes personnes recevaient aussi un insigne de façon à ce que l’on sache partout qu’ils œuvraient en tant qu’agent de l’état. Ils possédaient en plus pour accréditer leur pouvoir une plaque portefeuille avec photo, âge et en travers marqué « Agent du territoire »   Ils possédaient donc les pleins pouvoirs pour cette délicate mission. Dans cette salle se trouvaient aussi, des frigos, d’immenses congélateurs, de la nourriture en abondance, de quoi se sustenter pendant le mois prévu. Puis aussi des chambres individuelles avec téléviseurs et téléphones. Les deux hommes qui venaient de partir avaient prévenu de n’ouvrir la porte rouge qu’en cas ou tout les deux  seraient d’accord et derrière cette porte un grand mystère demeurait.

  En premier lieu, ces copains firent connaissance en parlant, assis autour d’un bon café, sur les coups de huit heures il faut bien cela. Ils dialoguèrent bientôt comme des copains, des amis de passage. Un café avec des croissants cela ne se refusent pas, puis c’est encore meilleurs lorsque l’on ne paye pas. Parfois les regards se posaient sur la porte rouge, que pouvait-il y avoir derrière ? Puis il y eu un court silence, ce silence que l’on ressent quand une affaire de la plus haute importante se présente. Tous les deux en sachant qu’ensuite ce serait le boulot sérieux, ils visitèrent les chambres, les salles de bains, les toilettes femmes et hommes, un tour à la cuisine, celle-ci était immense, les placards propres, la vaisselle, les plats, tout semblait neuf. Rassurez de ce coté et comme avait fait remarqué l’un des deux hommes. L’un des deux hommes débuta par…

         - On se dit «  tu » et ça marche par le prénom, moi c’est Arnaud

         - Mais bien sur,  moi c’est Paul, enchanté de te connaître.

         - On  va donc bosser ensemble.

  Les deux hommes se serrèrent la main.

         - Dis-moi Arnaud, d’après toi que vas-t-on devoir trouver dans cette affaire ? Je vais récapituler, si tu le veux bien ?

         - Mais je t’en prie Paul, au contraire c’est intéressant, vas-y ! Je  t’écoute !

         - Depuis vingt ans nous constatons que le ciel est devenu fou, un jour c’est le soleil qui brille en chauffant très fort si bien que des gens perdent la vie, on peut aussi constater que lorsque l’eau tombe, c’est pour inonder les rues, les maisons, des trombes d’eau cassent les arbres, les trottoirs, voire des maisons et aussi que les récoltes ne peuvent être faites, trop de chaleur et tout grille ou trop d’eau et tout pourri. Sans oublier la neige, ce vent dévastateur qui lui aussi cause de très sérieux problèmes chez nous. Plus un seul arbre, plus de courant par moment, de téléphone, la terre devient une immense poubelle. En fait nous sommes ici pour sauver le monde, moi c’est ce que j’ai lu dans la lettre que j’ai reçu. Je termine en cherchant ce que l’on doit trouver car depuis vingt ans, chaque mois deux personnes se trouvaient ici, cela en fait du monde pour arriver à aujourd’hui. C’est fou et je me demande ce que nous ferons de mieux.

             

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CHAPITRE DEUX

LE CIEL CRACHE LA MORT

 

 Arnaud réfléchissais longuement en cherchant une suite….

         - Tu as raison, mais personne ne m’a dit ce que je devais trouver, dans mon courrier je n’ais aucun détail.

         - Moi non plus en effet, déclarai Paul, puis en ce cas est-ce que cela à un rapport avec le ciel ? Comment être sur.

         - Si j’avais la réponse Paul. A part des points d’interrogations, c’est tout ce que je possède.

         - Et nous sommes obligés de rester ici pendant un mois ?

         - C’est dans le contrat  mon vieux, oui. On nous parle aussi de cette porte rouge, nous ne devons l’ouvrir que si nous somme d’accord.

         - Oui…Beaucoup de mystère dans cette affaire, trop même. Au fait  tu es au courant, c’était dans les courriers, il faut choisir un responsable entre nous deux, celui qui prend les décisions et auquel on doit obéir.

         - Tu ne te trompes pas ?

         - Moi  tu sais, je n’ai jamais commandé de ma vie, je ne vais pas commencer à vingt huit ans. Tu es le plus âgé avec tes vingt neuf ans Arnaud, puis tu es du genre un peu armoire à glace ria t’il, alors tu vas commander !

         - C’est ridicule Paul, et je te signale que tu es bien foutu toi aussi, tu mesures combien ?

         - Un mètre soixante dix huit pour soixante quinze kilos. Et toi, c’est du un mètre quatre vingt dix pour disons cent kilos ?

         - Presque oui, un mètre quatre vingt cinq pour quatre vingt kilos.

- Oui, donc faut mieux être ton copain !

         - C’est la même chose pour toi, bon, pour en revenir à notre sujet, nous sommes deux on ne va pas se commander voyons !

         - Disons que si un élément important arrive, tu seras le patron.

         - Comme tu veux Paul. Tu peux me dire ce que l’on va faire aujourd’hui ?

         - Il y a les journaux sur ces vingt dernières années, aussi des courriers, plutôt des notes et des logiciels à visionner. On peut commencer par là et qui sait tomber sur un indice sérieux.

         - Je suis d’accord Paul, j’en grille une relaxe et je me plonge dans les journaux, la fumée ne te dérange pas ? Je te signale que je suis un très gros fumeur. 

         - Non, je suis un grand fumeur aussi et je ne parviens pas à cesser. Juste à coté il y a une pièce fumoir, on doit donc ne fumer qu’à cet endroit. Je prends des journaux et j’y vais.

         - Moi aussi et après je visionne les logiciels.

Dans ce calme relatif les deux copains se détendirent bien installés dans de gros fauteuils, avec à coté d’eux des cendriers sur pieds.

  Il fallait tenter de trouver avec les ordinateurs et les logiciels une ou des pistes fiables pour savoir quoi entreprendre. Pareil pour les journaux. Car c’est là ou se trouve l’ironie du sort,  aucun d’entre eux  ne savaient quoi entreprendre. Le but de cette mission demeurait encore la bouteille d’encre. En deux ou trois mots, pas une seule personne ne savait pourquoi elle était là. Pour ce faire il fallait se rendre dans la pièce à la porte rouge et deviner ce qui allait se passer… Un court silence, tous les deux se regardaient en coin. Paul écrasa son mégot.

         - On devrait commencer par visionner quelques cassettes,  et les photos, ne rien perdre surtout ensuite on avisera. Il faut relever chaque petit détail, tout a de l’importance.
         - Et on fera quoi ensuite Paul ?

         - Je ne sais pas Arnaud, on en parlera et nous avons tout notre temps. Un simple indice peut s’avérer très important.

  Puis réalisant, Arnaud lança...

         - Cela fait déjà vingt ans que c’est ainsi, sauf erreur de ma part !

         - Il n’y a pas d’erreur  Arnaud, poursuivit Paul, c’est bien cela !

         - Je suis d’accord, mais cela nous conduit ou ?

  Paul chercha mais pas de réponse.

         - J’y pense soudainement, cela n’aurait pas un rapport avec notre mission ?

  Paul fixa Arnaud...

         - Mais Arnaud, ce serait n’importe quoi !

         - Je le sais bien, oublions. C’est un truc qui m’a traversé le crane sans plus. Moi, je vais continuer par lire les journaux avec toi, on aura peut être terminé ce soir. En prenant année après année. En passant de la première à la dernière, sur vingt ans, il va bien en ressortir quelque chose !  Tu es d’accord ?

         - Il faut bien débuter par quelque chose, sourit’ il, allons-y, j’ai la première année, prend la deuxième, il faut y croire Paul !

         - Il y en a du boulot, grimaça ce dernier, on n’aura pas terminé ce soir.

         - Non bien sur, mais nous avons du temps devant nous, conclu Arnaud, on peut en faire des choses en un mois.

  Sur cette boutade qui donna du courage  chacun s’empara de pile de journaux.

         - N’oublies-pas de prendre des notes Paul, même si c’est sur un fait ou une chose insignifiante, demanda Arnaud  en s’abimant dans sa propre lecture, un stylo à la main et auprès de lui  un blog de papier.

  Quelques signes de têtes et on pouvait entendre des pages se tourner les unes après les autres, entrecoupées de soupirs. Midi arriva très vite, l’équipe ne se rendait pas compte de l’heure, puis  Paul lança...

         - Tu as  remarqué, il est bientôt une heure et je commence à avoir faim.

         - Moi, aussi,  déclara Arnaud  et je me demande si nous avons avancé ?

         - Je pense la même chose, ajouta Paul, nous avons déjà terminé le quart des journaux, et moi je n’ai pratiquement rien remarqué de spécial.    

         - C’est un peu normal, haussa les épaules Arnaud.

         - Pourquoi cette remarque s’il te plait ?

         - Pour comprendre Paul.

         - Arnaud, réfléchis un peu, nous ne savons pas ce que l’on doit trouver, donc cette besogne est très difficile à comprendre. Nous cherchons quelque chose que nous ne connaissons pas, alors c’est le cas de le dire, autant chercher une aiguille dans une botte de foin, on pourrait avoir plus de chance !

         - Tu baisses les bras  Paul ?

         - Bien sur que non, mais donne moi ton avis.

         - Tu as raison Paul, je ne suis pas plus avancé que toi, j’ai quelques notes, mais en effet, rien de bien terrible.

         - Si on prenait le temps de déjeuner ? Proposa  Paul, on reprendrait après.

         - Accordé, sourit Arnaud,  Qui va faire les repas ?

         - On va bien trouver quelque chose au frigo. Moi je suis célibataire alors les repas…

         Les deux copains se rendirent à la cuisine et rapidement trouvèrent des plats qui allaient aux micro-ondes, ils passèrent donc à table avec deux pizzas, une bouteille de rouge, fromages divers et dessert. Ils bavardèrent une heure ainsi  afin de mieux se connaître. Puis ils fumèrent dans le calme  dans cette maison un peu retirée de la ville. Mais cette habitation semblait ne pas avoir d’âme, elle était froide et austère. Les ventilateurs prévus pour absorber la fumée tournaient inlassablement

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CHAPITRE TROIS

 LES RUES SONT VIDES

 

  Paul changea de table et repris son ouvrage, Arnaud fit de même en cherchant parmi les notes quelque chose qui pouvait déterminer un endroit ou aller, un simple indice.  Il posa des feuilles devant lui dans un ordre choisi.

         - Que fais-tu ? S’informa Paul ?

         - Regarde de gauche à droite les notes, on trouve marquer, des endroits avec des adresses, des coins d’un peu partout de cette ville, on parle de l’eau qui monte, de la pluie, du soleil qui est froid ou brulant.

         - Moi, j’ai noté les mêmes choses tu sais, sur les journaux ils n’y a que cela, On doit oublier quelque chose...

         - Comme quoi ?

         - Je ne sais pas, je pense qu’avec ces journaux remontant à vingt ans pour les plus anciens ne traitent que de ces phénomène climatiques. Il n’y a rien d’autre qui puisse nous venir en aide. Cela en représentait des kilos de papier.

         - Donc il faudrait savoir si c’est judicieux de poursuivre avec les journaux.

  Paul soupira longuement en écrasant sa cigarette, un peu plus loin Arnaud semblait réfléchir intensément afin de percer une éventuelle possibilité.

         - Personne ne peut avoir la moindre idée puisque nous ne savons pas ou allez chercher ce que l’on nous réclame. Et ce que l’on nous réclame nous ne savons pas ce que c’est, autant dire que c’est mission impossible. Il faut en savoir plus. Avant nous il y a eu des successions d’équipes comme la nôtre et celle-ci ne trouvèrent rien du tout. C’est tout de même risible tout en demeurant alarmant. Où doit-on aller ? Que faut-il trouver ? Et pourquoi nous donner un mois à nous comme aux autres avant ?

         - Autant dire que c’est mission impossible,  poursuit Arnaud, moi je n’ai rien demandé et je suis embarquée dans cette histoire à laquelle je ne saisis pas le moindre mot. La suite  tu la vois comment Paul ?

         - Si je le savais, à ton le droit de refuser ce boulot ?

         - Non mon vieux, répliqua Arnaud c’est bien marqué sur le courrier, nous sommes en fait comme des jurés qui formons un jury et on va demeurer ainsi ici ou ailleurs pendant un mois. Une chose m’étonne tout de même, si nous avons reçu le même courrier, cela doit être de la plus haute importance.

         - Tu crois, secoua la tête Paul. En ce cas, explique-moi pourquoi avant nous il y a eu depuis vingt ans, chaque mois des personnes comme nous qui vécurent le même problème, les mêmes épreuves que nous. Au fil du temps ces gens ont accumulés des journaux, des photos, il y a aussi des vidéos. Des notes écrites à la main par plusieurs personnes avec des dates. Mais arriver à nous après ces vingt ans passées, ce problème ne trouva jamais de solution et comme nous ne sommes pas mieux qu’eux, dans un mois on partira, pour la forme on va acheter des journaux, prendre des photos, tourner une vidéo, rien de plus facile, ainsi on aura une trace de notre passage. Et on retrouvera nos habitudes et nous garderons un bon souvenir entre-nous, cela alimentera nos jours ou nos années, on racontera plus tard ce périple aventurier à nos petits-enfants.

  Les deux amis reprirent place à table avec un café à porté de main.

         - Ecoute-moi s’il te plait Arnaud, je ne sais pas où tout cela va nous mener, mais ce serait drôlement chouette pour nous deux de résoudre ce puzzle, et ceci  vingt ans plus tard, nous nous retirerions avec les honneurs du devoir accompli.

         - Bien sur Paul, alors donne-moi des ordres et je serais un parfait exécutant. Sinon je dors pendant un mois, après tout l’état nous paye, autant en profiter. Manger et dormir, très vaste et beau programme !!!

         - Arnaud, souri Paul ne rêve pas, on va mener à bien cette affaire.

         - Une question encore Paul, tu auras  peut être une réponse. Ecoute bien. Je parle d’en ce moment, on est engagés par l’état, mais on ne nous donne rien comme indice, alors comment dans les hautes sphères peut on agir de la sorte, certes l’enjeu doit être capital, mais bon sang, que l’état nous dit de quoi il retourne, il nous faut un guide, une personne au courant, sinon c’est de l’impossible.

         - Oui, continua  Paul, cela n’est pas clair et je suis de ton avis, ici nous ne servons à rien.   On devrait terminer les journaux et passer aux photos, il y en a très peu, ensuite s’attaquer aux vidéos, peut être que les autres avant nous on trouvé le déclic qui pourrait expliquer ce que nous devons faire pour aboutir. Moi personnellement je me pose la question de savoir à quoi je sers ici.

         - Ou alors c’est top secret, nous ne serions pas par hasard des genres de cobayes à la disposition de l’état. On pourrait nous mettre dans un laboratoire ? Possible.

  Arnaud était plongé dans ses pensées et il regardait sur l’un des bureaux. Paul remarquait son visage sérieux, comme fermé, un peu à l’image d’une porte que le vent fait claquer ou bien que son sérieux ressemblait à s’y méprendre à la toile « Le penseur de Rodin »   Devant son attitude le silence refusait de se faire entendre. Paul  n’osait proférer un mot de peur de le déranger, puis Arnaud s’adressa à Paul qui était  dans l’attente.

         -  Paul, je viens brusquement de songer à une chose qui doit avoir son importance et si je fais erreur, cela ne changera pas grand-chose.

         - Vas-y ! S’exclama-t-il, je suis tout ouï.

         - Ne te moque pas de moi si je me trompe.

         - Non, non répliqua  Paul, dis moi, allez !

  Arnaud alluma une brune, tira quelques bouffées, envoya des volutes vers le plafond et après avoir bu une gorgée d’eau...

         - Il y a le téléphone rouge sur le bureau, là ! Désigna-t-il.

         - Bien sur  et alors ?

         - Alors, on doit pouvoir obtenir des renseignements avec la personne qui décrochera ! Que ce soit le président ou son concierge. Avoir un téléphone rouge signifie personnages importants.

  Ce fut au tour de Paul de prendre la parole.

         - Tu as raison mon vieux,  il faut appeler et comme tu commandes, je te laisse le soin de téléphoner. Là vois-tu ce n’est pas mon truc.

         - D’accord Paul et merci pour ton enthousiasme.

         - Tu sais Arnaud, il y a des choses que d’autres personnes font mieux que d’autres, alors je te laisse te débrouiller avec cela. Je te rendrais la pareille.

         - Merci Paul, alors je ne vais pas perdre une minute.

         - Quoi ! s’exclama Paul, tu vas appeler ?

         - Bien sur, cela est des plus simples.

         - Mais Arnaud, je plaisantais moi !

         - Je l’avais deviné mon vieux, mais c’est je pense une opportunité ce téléphone.

         - Si tu le dis…

  Le calme tomba comme la nuit qui venait déjà, le mois de juillet ressemblait à celui de décembre mais en pire. D’un geste des plus naturel Arnaud s’empara du combiné et  le porta à son oreille, il n’y avait aucun numéro d’inscrit, donc soit cela sonne ou c’est retour à la case départ. Arnaud dans le doute lança un bref…

         - Allo, vous m’entendez ?

  Aussitôt une voix se fit entendre, une voix qui cinglait, c’était presque comme recevoir une gifle qui aurait marqué une joue.

         - Que voulez-vous ? Je n’ai pas de temps à perdre.

         - Une chose pour débuter, que vous changiez de ton !

         - Pardon ! Comment osez-vous ? Savez-vous à qui vous parlez ?

         - Non, vous ne vous êtes pas présenté, impolitesse de votre part peut être, comment savoir ? Moi je suis le type qui dirige l’équipe, nous fumes contactés par courrier et conduit dans une maison, il parait que c’est l’affaire du siècle et ceci depuis environ vingt ans. Alors ?

         - Ah oui je vois. Ici le procureur de la république, vous avez besoin de mes services ?

         - Les vôtres  ou ceux de quelqu’un d’autre, dites-moi monsieur le procureur, que pouvez-vous m’apprendre sur notre mission forcée ? Vous répondez ou nous repartons chez nous, je vous assure que nous le ferons.

 

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CHAPITRE QUATRE

Il RESTE LE MYSTERE

 

 Encore un temps mort, cela chuchotait à l’autre bout, et...

         - Monsieur bonjour, je suis le préfet de police, vous êtes bien le premier à oser appeler sur le téléphone rouge. Jusqu’ici personne, je dis bien personne ne l’avait fait.

         - Avant nous,  vous auriez pu parler avec les autres équipes, expliquer et cela vous aurait fait gagner du temps et de l’argent, que pouvez-vous me dire qui soit important pour poursuivre ?

         - Juste un moment je vous prie, qui êtes-vous déjà ?

         - Le chef de l’équipe que vous connaissez, moi c’est Arnaud et mon ami Paul.

         - Parfait, vous avez des questions à me poser monsieur Arnaud ?

         - C’est moi qui vous écoute monsieur le préfet. Vous parlez maintenant ou dans la minute qui suit, je coupe la liaison.

         - N’en faites rien et écoutez, il n’y a rien de plus simple. Vous êtes toujours là ?

         - Oui monsieur le préfet.

         - Je vais être bref, pour connaître pratiquement la suite et presque fin, il n’y a qu’une solution et vous le savez...

         - Non monsieur, je ne sais pas, sinon je ne vous aurais pas dérangé. Je suis dans la bouteille d’encre et celle-ci refuse de se décanter, c’est le noir total. Mon ami est comme moi, nous sommes paumés à tourner en rond dans cette maison.

         - La solution monsieur Arnaud est toute proche de vous.

         - Nous avons pourtant tout regardé ou presque, je parle des journaux. Les vidéo et tout le reste pas encore, mais si quelque chose m’avait échappé, peut être que mon copain lui aurait compris quelque chose, c’est logique non ? C’est une perte de temps énorme pour nous  deux.

         - Monsieur Arnaud, moi je vous parle de la porte rouge, il vous suffit de vous y rendre avec votre copain et vous saurez tout ou presque. Personne en vingt ans n’a pu en franchir le seuil, alors chaque mission échouait.

         - Vous ne pouviez pas le leur dire, c’eut été plus simple ?

         - Je ne le pouvais pas, vous, vous avez eu l’idée d’appeler en vous servant du téléphone rouge, de ce fait je peux vous le dire. Voilà monsieur Arnaud. Je ne peux rien d’autre pour vous.

         - D’accord, juste une dernière question, la suite est dangereuse ? Nous risquons de visionner quelque chose de terrible ?

         - Pas vraiment, je ne le pense pas, restez extrêmement prudents tous les deux et d’une parfaite politesse, parlez posément mais sans crainte et out ira bien.

         - On doit donc rencontrer d’autres personnes ?

         - Oui et je vous souhaite de réussir, rien de grave ne peut vous arriver, je vous en donne ma parle monsieur Arnaud ainsi qu’à votre collègue.

         - Entendu monsieur le préfet. Vous semblez bien au courant de la suite il me semble ?

         - Oui, mais cela n’entre pas dans mes attributions. Vous allez vraiment franchir cette porte et la refermer sur vous ?

         - Oui bien sur, cela nous fera gagner du temps non ? Et sans avoir peur, peut être un peu nerveux, mais nous nous serrerons les coudes et ainsi tout ira mieux.

         - Un grand merci à vous deux, appelez-moi dès votre retour, je vais aviser monsieur le président de votre sage décision.

         - Le président de la république ?

         - Bien sur et croyez bien que par la suite, il vous contactera en personne. Je vous laisse, a bientôt et merci à vous deux.

         - Attendez, attendez monsieur le préfet, dites-moi pourquoi vous avez attendu cet appel pour  nous fournir un peu d’aide ?

         - Secret d’état monsieur Arnaud.

         - Mais bon sang ! Ou cela va-t-il nous conduire ? Vous semblez si bien informé.

         - Secret d’état monsieur Arnaud. Désolé…

         - C’est moi qui le suis, vous connaissez cette affaire par cœur, alors dites-moi en plus.

         - Je n’y suis pas autorisé.

         - A qui puis-je téléphoner pour le savoir ?

         - A personne, sauf à moi ou au procureur.

         - Un peu facile monsieur le préfet, c’est inadmissible ! Donnez-moi un peu plus d’éléments s’il vous plait.

  Le silence s’installa, puis…

         - Je peux juste ajouter que vous allez partir pour un voyage immense, un voyage que vous aurez du mal à concevoir et pourtant cela va se produire. Lorsque l’heure sera venue, prenez un sac avec deux ou trois changes. Et préparez vous à vivre l’histoire de votre vie. Du jamais connu jusqu’à présent.

  Un nouveau silence, Arnaud semblait avoir changé, Paul tremblait un peu. Puis La conversation se poursuivit.

         - Monsieur le préfet, je reviens à cette question, pourquoi n’avoir jamais rien dit à qui que ce soit avant nous, avant ces vingt années. Je crois qu’il y a un rapport avec notre présence ici ?

         - C’est en effet en rapport avec vous deux, je ne suis pas habilité à vous en dire davantage et croyez que j’en suis le premier désolé.

         - Vous le pouvez en effet, on joue à cache cache depuis vingt années, c’est donc si difficile que cela de nous donner d’autres renseignements ? Cela va perdurer encore longtemps ainsi ?

         - Oui, mais sachez qu’au bout de ce voyage vous y verrez plus clair et vous aurez aussi la vérité, je peux vous dire cela sans trahir mes supérieurs et en gardant la parole donnée.

         - Dites-moi monsieur le préfet, si nous repartions chez nous que ce passerait il ?

         - Vous seriez traqués tous les deux et vous iriez directement en prison pour de nombreuses années. Je suis des plus franc monsieur Arnaud. Alors évitez de commettre cet acte.

         - Pas mal merci, mais nous n’avons pas demandé à venir ici, pourquoi nous ?

         - C’est le tirage au sort qui vous a désigné parmi des milliards de personnes.

         - Bien, je vais aviser, mes respects monsieur le préfet.

         - Merci à vous deux  monsieur Arnaud et Paul, une énorme récompense vous attend après la fin de ce labeur que vous allez mener à bien.

         - On peut savoir de combien le montant ? Ou c’est encore top secret ?

         - Si vous parvenez à mener à bien cette mission décidée par l’état, vous aurez chacun, écoutez-moi bien, une énorme richesse, de quoi prendre votre retraite. Les milliers d’Euros, je dis au moins cinq millions d’Euros chacun et je ne plaisante pas. Ce qui vous permettrait de prendre votre retraite anticipée.

         - Merci monsieur le préfet, je vous rappellerais au plus tôt en espérant que tout aille pour le mieux, sinon vous risqueriez d’avoir des ennuis, je ne plaisante pas et nous serions en droit de vous attaquer en justice avec des preuves accablantes, vous me comprenez ?

         - Bien sur et je serais perdant, alors je vous laisse le mot de la fin.

         - Nous allons aviser monsieur le préfet, au plaisir je coupe.

Arnaud raccrocha doucement et expliqua tout à Paul. Bien sur il y eu un moment de panique, de flottement, mais très vite tous les deux  redevinrent  calmes.

         - Pas mal Arnaud, on avance !

         - Doucement oui, tu comprends pour ce voyage ?

         - Non et en plus très long, j’ai beau chercher…

         - La solution ne doit pas être bien loin et…

Paul cessa de parler comme paralyser…

         - Que t’arrive-t-il Paul ?

         - Je pensais simplement à la porte rouge en faisant le rapport avec le téléphone rouge, tout ce qui a cette couleur devrait nous faire avancer. Tu ne le penses pas Arnaud ?

CHAPITRE CINQ

DROLE D’ASCENSEUR

 

  A son tour Arnaud cherchait la suite, son regard alla à la porte rouge, il soupira longuement en se disant que Paul pouvait avoir raison. C’était aussi l’avis du préfet.

         - Pas mal Paul et tu as peut être raison.

         - Alors que décides-tu ?

         - Que tu prépares ton sac, on va ouvrir cette porte en ensuite on verra.

         - De toute façon d’après Le préfet on ne risque rien. Moi j’aimerais juste savoir ou je vais. histoire de ne pas accumuler trop de tresse.

         - Pour le savoir il faut bouger, je vais chercher mon sac avec le nécessaire. Tu viens avec moi j’espère ? Car seul je ne peux pas. Et j’y pense Paul, avant nous personne ne le fit car sur les deux personnes présentes, une seule désirait franchir la fameuse porte.

         - Non Arnaud, car avant il fallait passer par le téléphone rouge et jamais une seule fois ce dernier ne fut décrocher.

         - Mais Paul, tu réfléchis drôlement bien, un point pour toi.

         - Je ne suis pas trop bête voyons, souri t’il. Bien, on y va maintenant Arnaud, je prends mon sac également avec de quoi manger, comme je ne sais pas ou je vais, je prends les devants. Fais pareil Arnaud, le frigo est plein. N’oublies pas ton portable et tes deux batteries de rechange.

  Et peu après les deux copains semblaient déterminer. D’un pas qui se voulait bien assuré, ils se rendirent  à la porte et entrèrent dans une pièce éclairée, Paul  referma la porte rouge et aussitôt...

  Le toit de la pièce disparut comme par enchantement et un arc-en-ciel y pénétra, sur le moment les deux amis cherchaient à sortir, la peur prenait le dessus, mais la porte rouge ne s’ouvrait plus. L’arc-en-ciel alla se poser sur chaque personne et sans comprendre les deux hommes se sentirent emporter tout en douceur. Ils étaient tous les deux en état d’apesanteur et ils volaient sans pouvoir se contrôler. C’est l’arc-en-ciel qui avait le pouvoir de les soulever comme des plumes pour se rendre dans l’infini, puis de chaque coté de cet arc deux barrières de sécurité montèrent sur un mètre cinquante, ainsi les deux hommes ne pouvaient pas tomber, ils croisèrent des nuages noirs qui ressemblaient à de la fumée sortant d’un encensoir. L’ascension se poursuivit sur ce genre d’élévateur, puis l’arc-en-ciel cessa, les deux amis se trouvaient en pleine forme, personne ne parlait. Ils se trouvaient sur un genre de place fortement éclairée par des bougies posées de ça et là, quelques angelots jouaient sous les regards attentifs des anges adultes, les parents. Le sol brillait de mille petits feux grâce à des éclats d’étoiles. Des grains très scintillants pas plus gros que des grains de riz donnaient à cet endroit une vie et une âme. Dans le lointain de la lumière comme sur la terre, des maisons faites de pierres bleues satinées. Cette équipe n’avaient pas les yeux assez grands pour tout comprendre, tout saisir, tout contempler. Des myriades d’étoiles en quadrichromie passaient devant eux, des angelots s’approchaient avec leurs parents et ils ne semblaient pas avoir peur des terriens car il faut le dire, les deux copains se trouvaient sur la Lune en plein ciel...Mais alors comment expliquer  que sur la Lune on distinguait dans le lointain des maisonnettes, des lumières, quelques chemins, plus loin un peu partout une ville et une grande place ou un orchestre donnait un récital, des chants repris en cœur par des anges formant une merveilleuse chorale. Un crédo des plus purs monta dans cet espace, ne pouvant pas aller plus haut car la voûte des cieux n’avait pas d’accès. Donc  c’est ici que l’arc-en-ciel devait déposer doucement cette équipe qui avançait vers la lumière plus forte, la même que sur la terre. Comment peut-on en l’espace de cinq minutes passer de la terre au ciel ?  Raconter cela à quelqu’un c’était passer aussitôt pour un fou, qui aurait cru une histoire pareille ?  Pourtant bien réelle. Une chose venait à l’esprit de cette équipe en regardant derrière, plus ils marchaient et plus derrière eux une barrière d’éclairs zébrait sur les trois cotés les forçant presque à aller plus vite au risque d’être brulés. Mais la barrière d’éclairs était bien loin de les toucher. Une fois sur cette place ils stoppèrent pour tenter de comprendre. Devant eux à quelques dix mètres les anges et les angelots chantaient un autre morceau, un peu comme l’ave Maria de Monsieur Gounod. Ce récitatif des plus éloquents semblait ne pas vouloir cesser. Certains anges étaient à genoux et priaient sous leurs genoux des petits coussins, leurs ailes dans le dos se touchaient, d’ange à ange l’ensemble formait une chaine. Entre deux anges un angelot avec ses petites ailes touchait avec du mal les ailes des anges beaucoup plus grand, mais cela semblait être une habitude, un sacerdoce æternam-vitam, puis le chant s’éleva, les voix pures et cristallines de ces anges vêtues d’un voile bleu translucide ressemblaient à une pièce en trois dimensions. Puis des elfes aux ailes brillantes de poussières d’or laminées, deux par deux disposèrent devant les pieds des deux copains des petits coussins. Parmi tout ce monde, pris par les chants, dans ce faste de magnificence, de grandeur jamais égalée, les  amis ensemble tombèrent à genoux, ils ne contrôlaient plus aucun de leurs mouvements. Cet événement que l’on peut qualifié de dantesque figeait sur place ce qui tentait de bouger. On eut dit des statues de cire ou des blocs taillés dans la pierre. Et pourquoi ? Qui peut expliquer la suite ? Tout le monde pria avec ferveur, et en plus en latin...Le récitatif prit fin dans une douceur inqualifiable, les mots devenaient inutiles, chacune, chacun se sentait en pamoison en totale synchronisation et à la toute dernière montée dans des aigues inconcevables auxquels  on ne pouvait croire tant la note perçait les âmes et les cœurs, comme la lame acérée d’un outil tranchant.  Alors les amis sentirent sur leurs visages couler la rosée du matin, des larmes de  cristal se déversaient en trombe, baignant par leurs pouvoirs les deux faciès inhibés de doux parfums emboisés de couleurs et de vertus  imparables, ce fut le coup de grâce, la délivrance, un peu à l’image d’un enfant qui vient au monde et qui cherche déjà la lumière du jour. On pouvait de nouveaux entendre le silence, pas un bruissement d’ailes ne troubla ce recueillement intense. Ces deux amis en s’essuyant les yeux se croyaient rendus dans la troisième dimension, celle qui d’ailleurs n’existe pas. Ils se relevèrent en apercevant venir à leur rencontre une femme très belle et très jeune, habillée de strass et de paillètes avec une mini jupe rose, portant diadème de diamants pour parachever sa beauté. La magie cessa définitivement et la cruelle réalité prit le dessus. Les deux amis se dévisageaient, mais ce qui venait de se passer était déjà tombé dans l’oubli. La femme si belle et pure stoppa à quelques mètres d’eux, d’un signe elle désigna une maison et comme en procession, ils suivirent l’un derrière l’autre la personne venue les inviter. Une fois installés dans des fauteuils et bien réveillés ils purent se consulter du regard en haussant les épaules. A travers la fenêtre, dehors plus rien, sinon le noir total, cette immense place tant mis en valeur par son éclairage, ne subsistait plus. Il fallait se rendre à la raison et comprendre que leur mission devait se poursuivre, alors lorsque c’est ainsi, on retrouve toutes ses facultés et sa soif de savoir, d’apprendre, chercher pourquoi on se trouve dans un coin du ciel, sur la Lune pour être précis. Trois personnes entrèrent et prirent place de chaque coté de la femme au visage d’ange, un visage ou l’on ne devinait la loyauté et surtout une grande humilité, ce genre de personne qui parvient à tout pardonner tant elle aime offrir et rendre heureux et aussi  comprendre que pour devenir ainsi, elle avait du souffrir immensément et atrocement, blesser dans sa chair au plus profond de son anatomie, avec peut être des blessures encore non cicatrisées. C’est ce que pensait cette petite équipe en échangeant des regards complices qui allaient tous dans le même sens. Mais l’erreur demeurait humaine, alors il fallait attendre, d’ange on peut devenir démon. La vie apprend ces genres de choses. Plus que jamais cette équipe se ressoudait pour ne former qu’une seule et même personne. Arnaud et Paul demeuraient sur la défensive. La force de leur union résidait et fonctionnait ainsi. La femme demanda l’attention de tous et…

 

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CHAPITRE  SIX

DAME LUNE: ROSE

 

 Un long silence, puis…

          - Vous êtes les deux personnes que j’attendais il me semble ? Dans un premier temps je dois vérifier vos identités, pour ce faire donnez moi vos plaques et votre carte d’identité, merci. Posez-les devant moi sur la table.

  Bref conciliabule entre les deux amis, les papiers passèrent de mains en mains, puis ils furent rendus aux propriétaires qui fixaient leurs interlocuteurs sans baisser le regard.

         - Je vous présente mes amies messieurs, et dites-vous que c’est bien réel, vous avez à ma droite, le juge du ciel, mon ex époux le Soleil. Personne ne le connaît, ensuite Jupiter en personne et son ami Zeus et moi je suis la Lune, Rose.  Vous devez avoir des questions, nous vous écoutons, ensuite comme j’ai le droit aujourd’hui de mener ces premiers débats, c’est vous qui m’écouterez, sur la table vous avez de la boisson et des verres, servez-vous et ensuite parler.

  Les amies se servirent de grands verres et prirent le temps de se désaltérer, Arnaud emplit de nouveau les verres et retrouva son fauteuil. Il demandèrent la permission de fumer, celle-ci fut accordée.

         - Je me prénomme Paul et oui j’ai des questions, tout d’abord pourquoi sommes nous ici ? On devait travailler sur la terre !

         - Simple Paul, vous êtes les premiers à avoir osé vous servir du téléphone rouge, ce qui vous a conduit vers la porte rouge, vous entrâtes dans la pièce et notre copain l’arc-en-ciel vous à conduit ici. C’était marqué et gravé dans le grand livre de la vie. Il fallait qu’un jour quelqu’un fasse ce que vous fîtes, c’était le seul moyen de poursuivre et d’aboutir, afin que nous tous, Terriens ou Lunaires soyons en paix.

         - Je repense à quelque chose Rose, pourquoi avons-nous prié et pleuré tout à l’heure ?

         - Vous avez été pris sous le charme de nos coutumes, tout comme le marin qui se berce en se laissant envouter par les chants des sirènes. De plus vos larmes ont enlevé tout ce qui était mauvais en vôtre intérieur et ainsi vous êtes lavés de tous vos péchés, vous êtes purs comme l’agneau qui vient de naître. Autre chose ?

         - Vous attendez quelque chose de nous ?

         - Oui Arnaud, que la paix revienne partout, depuis vingt ans c’est ainsi et je me répète mais vous êtes les premiers à aller si loin.

         - Comment êtes-vous au courant de notre équipe ? Ajouta  Arnaud. Laissez moi porter à votre connaissance que nous ne comprenons pas encore un traitre mot de ce qui nous arrivent.

         - Nous attendions toujours dans le doute.

         - Et que pouvons-nous faire pour vous Rose ? Poursuivit celui-ci.

         - Simple se leva Rose, nous devons récupérer les étoiles qui nous manquent.

         - Les étoiles ? Lesquelles étoiles ? S’enquit   Arnaud

         - Les quatre qui il y a vingt ans de cela disparurent du ciel.

         - Et alors, que vient faire la terre la dedans ? Haussa le ton Paul !

         - Calmez-vous monsieur Paul, je vous prie, les étoiles furent volées par deux personnes et chaque personne vola deux étoiles.

         - Je me calmerai lorsque j’en sentirai le besoin ! Cessez de jouer au grand patron et sachez que nous ne marchons pas à la baguette. Comment cela ? Une étoile est beaucoup plus grosse que la terre ? Je fais erreur ?

         - Non Paul et dans un autre sens oui, une étoile une fois attrapée peut tenir dans le creux de la main, elle devient poussière.

         - J’ai au moins appris une chose Rose. Donc les quatre étoiles se trouvent sur la terre et nous devons les retrouver et vous les ramener ?

         - Oui, mais avec les coupables également.

         - Ils seront jugés tous les deux, déclara le Soleil.

         - Oui et ainsi la terre retrouvera son calme et ses climats, ajoutèrent Jupiter et Zeus.

  Alors là, Arnaud ne put se contenir devant des propos si peu flatteurs et ne jouant pas à la crédulité de ces êtres qui semblaient vouloir prendre l’ascendant.          

         - Ah ! C’est donc vous qui êtes la cause de ce désordre, de ce charivari, les gens ont peur, ils ont aussi froid, ils ne travaillent plus beaucoup et ils ne mangent pas toujours à leur faim, les villes ne ressemblent plus à rien, il n’y a plus de fleurs, plus de petits sentiers, la terre est morte, vous comprenez madame et  messieurs ? Et ce serait presque ne notre faute ! Je vous en prie ne devenez pas insolents !

         - Oui, répliqua Zeus, sur terre nous n’avons jamais rien pris nous.

         - Vous allez devoir faire un geste énorme messieurs, ainsi que Rose, ceci pour les étoiles. Au fait, comment on fait les deux personnes pour venir dans le ciel ?

         - Un mauvais concours de circonstances, expliqua  la Lune, un arc-en-ciel oublia de remonter cette fameuse nuit et les deux personnes s’en servirent comme vous l’avez fait.

         - Donc le ciel à sa part de responsabilité ?

         - Nous l’admettons Paul, maintenant il va falloir terminer cette affaire rapidement, continuèrent Zeus et Jupiter, nous allons repartir à zéro et réparer mine de rien tous les dégâts de la terre, le soleil brillera et chauffera normalement en fonction des saisons, plus de pluie, des routes propres, l’eau des mers sera chaude, la plage inondée de soleil, en retour nous voulons les deux voleurs ici très bientôt avec les quatre étoiles, on vous laissent votre mois pour achever ce labeur, si rien ne change, la terre sera encore pire. Les présidents de toute la terre sont au courant. Cette nuit, la Lune va éclairer encore plus fortement. Dès ce soir tout va changer sur la terre, alors nous espérons pouvoir compter sur votre parole. Des questions ?

         - Il y en a énormément en effet, nous y reviendrons rassurez-vous. Nous allons faire l’impossible, c’est promis. Vous n’avez aucun indice pour nous aider, je parle pour les deux personnes ?

         - Non et nous sommes désolés Paul.

         - Alors nous y parviendrons, il le faut.

         - Nous vous faisons confiance, conclut Rose. Désirez-vous rester quelques jours ici, vous avez ce droit. Et aussi le temps.

         - On peut rester ici ! s’exclama Arnaud

         - Oui, vous êtes les représentants de la terre, cela vous donne ce droit d’asile.

Les deux copains s’interrogèrent…Puis.

         - Nous sommes d’accord Rose, on couchera à la belle étoile !

         - Seriez-vous en train de vous moquer des étoiles Arnaud ? Déclara la Lune.

         - Pas du tout, sur la terre lorsqu’une personne dort dehors on dit dormir à la belle étoile.

  Plus personne ne parlait, alors Rose et son mari accompagnèrent les deux copains sur la place.

         - Voila on vous laisse ici, vous pouvez allez ou vous voulez, chez nous il y a des merveilles à contempler et ceci même la nuit. J’ajoute qu’à cinq cent cinquante kilomètres, il y a des français qui sont mariés avec des filles de chez nous. Ils ne viennent jamais ici ou rarement, c’est pour cela que vous ne voyez que des femmes mariés et des enfants et aussi des maris. Les autres dont je vous parle, nous ne nous fréquentons pas tellement, nous sommes deux mondes différents quoi !

         - Il n’y a pas de jeunes-filles, disons majeure attention ?

         - Bien sur, deux plus loin vous voyez d’ici les deux pavillons, les maisons sont séparées, les deux jeunes filles d’un coté, les mariées de l’autre. Si vous croisez Lisa, je préfère vous avertir, cette jeune fille fut presque violée à l’âge de dix huit ans et depuis elle refuse de parler aux hommes en général, parfois elle converse un peu avec certains mais en gardant ses distances.

         - Merci de nous prévenir Rose, j’éviterais cette jeune femme, vous avez dit presque violée ?

         - Oui, deux hommes sont arrivés à temps pour empêcher ce drame, mais cela ne l’empêche pas d’avoir peur des hommes.

         - Je comprends, ajouta Paul, avec nous elle sera en paix et personne ne la touchera.

         - Merci messieurs pour votre sens de l’honneur, cela prouve qu’il y a encore de braves type ici comme sur la terre.

         - Et pour manger et dormir Rose ?

         - Frappez à n’importe quelle porte et vous aurez l’hospitalité. Sinon la salle de repos est ouverte nuit et jour, c’est un endroit réservé à ceux qui sont presque à la rue, En haut de la première route sur la gauche, désigna la Lune d’une main. Venez chez moi au besoin, sur les portes vous avez le prénom des habitants.

  Les deux copains remercièrent et une fois seuls se posaient des questions. Arnaud alluma une brune imité par Paul.

         - Ton avis Arnaud sur ce premier contact ?

  Tous les deux marchaient en direction des maisons, une grande allée séparait celles-ci. A droite environ cent maisons, de très beaux et grands pavillons avec d’immenses terrains et en face deux maisons qui semblaient être inaccessibles avec ce même confort d’après le coup d’œil.

         - Mon avis Paul, pour le moment il est impossible de le donner, il manque tellement d’éléments, nous n’avons rien de concret, alors on verra une fois chez nous.

         - Oui, tu as remarqué les maisons individuelles avec ces grands terrains et en face trois autres maisons retirées, comme évincer et mis de coté. C’est celles dont parlait la Lune.

         - J’ai remarqué bien sur, je commence à avoir faim, pas toi ?

         - Si, j’ai du pain, du pâté, des rillettes, de quoi faire un bon repas. On va se mettre sous l’arbre là bas à coté des deux premières maisons.

         - Tu as pris de l’eau Arnaud ?

         - Oui et une petite bouteille de vin, plus du café.

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CHAPITRE SEPT

   LUNAIRE ET BEBES ETOILES

 

  Les deux copains s’installèrent, Paul posa sur l’herbe une serviette en guise de nappe et bientôt  la table fut dressée, le repas prit un air de fête. Paul commença par boire de l’eau, Arnaud aussi, car il faisait drôlement chaud sur cette Lune. Et bientôt la bouteille d’eau fut vide. Les deux copains allèrent pour dîner, lorsqu’un violent orage gronda, l’eau commençait à tomber. Rapidement les copains ramassèrent la nourriture. Deux voix semblant venir de nulle part attira leurs attentions. A vingt mètres, d’eux personnes adressaient des signes, aussitôt et surtout avant d’être traversés, les deux copains allèrent à leurs rencontres. Une jeune fille entraina Paul, elle ouvrit la porte et la referma sur eux deux. Puis Arnaud fut dans l’autre maison, il regarda autour de lui, très belle maison avec tout le confort, encore plus que sur la terre. Puis son regard croisa celui de la jeune fille, souriante et agréable. Il murmura un

         - Merci mademoiselle pour m’avoir accueilli chez-vous le temps que l’orage passe, je partirais après rassure-vous, c’est promis.

         - Vous n’êtes pas trempé c’est déjà bien, répondit elle, enlevez au moins votre pull. Tenez, voilà une serviette.

  Arnaud s’exécuta et alla le placer sur le dossier d’une chaise, ce qui fit qu’il passa au raz de la jeune fille. Celle-ci s’écarta en lui demandant de ne pas l’approcher, elle tremblait fortement.

         - Je suis désolé Mademoiselle, ne seriez-vous pas la jeune fille qui manqua d’être violée, ceci à vos dix huit ans ?

  La jeune fille secoua la tête de haut en bas et prononça.

         - Je m’appelle Lisa et j’ai vingt cinq ans, vous connaissez presque tout de moi.

         - Je ne pense pas, moi c’est Arnaud et j’ai vingt neuf ans. Ecoutez moi Lisa, je sais ce que vous endurez depuis vos dix huit ans, alors je ne veux surtout pas vous déranger, vous voulez bien reculer que je reprenne mon pull.

  Arnaud attendait, la jeune fille ne bougeait pas.

         - Vous voulez bien me jeter mon pull s’il vous plait ?

         - Non, vous ne me gênez pas, il vous suffit de garder vos distances.

         - Je ne pense qu’à cela, je peux m’asseoir à votre table et manger mon casse-croute ?

         - Mettez-vous à table, je vous en prie, mais laissez votre pain de coté, je n’ai pas encore dîné et mon rôti avec des petites pommes de terre rissolées devrait suffire pour deux. J’ajoute  un couvert en attendant vous pouvez fumer au salon, la porte à votre droite.

         - Je vous remercie Lisa pour votre gentillesse.

  Peux après je fumais en me relaxant, sur la table basse un paquet de blonde, et des mégots dans le cendrier,  donc Lisa fumait certainement. Elle vint me rejoindre et se laissa aller dans un fauteuil et alluma une blonde.

         - Ce sera prêt dans un quart d’heure Arnaud, un apéritif vous dit ?

         - Avec plaisir Lisa, mais je ne veux pas exagérer ou vous déranger, sans cet orage jamais je ne me serai trouver ici chez vous.

         - Vous le regrettez Arnaud ?

         - Bien sur que non, je suis bien avec vous.

         -  Merci, c’est très gentil.  Rassurez-vous Arnaud, vous ne me dérangez pas, je suis toujours seule dans cette maison, je ne sors pas beaucoup, j’ai encore peur des hommes, vous me comprenez ?

         - Certainement Lisa et essayez de comprendre qu’avec moi vous ne risquez absolument rien, ce serait un honte de déstabiliser et de profiter de votre faiblesse ou encore chercher votre main et votre visage pour le couvrir de baisers en vous murmurant des mots doux à l’oreille. J’ai un grand savoir vivre Lisa, alors ne me considérez pas comme votre ennemi.

         - Je vous remercie Arnaud pour ces propos, je me sens bien en votre compagnie, le dîner est prêt, vous venez ?

  Nous dînâmes face à face en nous observant, Léa ne baissait pas le regard, alors je lui adressais un sourire auquel elle répondit. Le repas s’acheva dans la bonne humeur et on passa au salon fumoir pour en  griller  une. Il faisait chaud dans cette maison, dehors l’orage s’éloignait, la pluie aussi.

         - Lisa je vais vous laisser, passez une très bonne nuit, merci pour ce repas et ce moment, jamais je ne me suis senti aussi bien et en charmante compagnie, ce qui ne gâcha rien.

Je me levais et passa presque à coté d’elle pour prendre mon pull.

         - Je m’excuse Lisa en prenant mon  pull, involontairement je vous ai touché.

         - J’ai remarqué Arnaud, c’est étrange…

         - De quoi parlez-vous ?

         - Je n’ai ressenti aucune gêne à votre contact.

         - Vous savez Lisa, votre histoire, celle qui vous traumatisa à vos dix huit ans c’est bien loin désormais, puis vous avez eu à cette époque la plus grosse peur de votre vie, mais vous ne fûtes pas violée. Vous devriez sortir davantage et aller droit sur des hommes que vous appréciez, ceux que vous connaissez, ce serait un test pour vous de reprendre des contacts comme avant. J’espère ne pas raconter des bêtises.

  Là encore Lisa me fixa en souriant, se mémorisant les mots que j’ai employé.

         - Cela fait déjà sept ans Arnaud, oui vous avez peut être raison, je vais changer mes habitudes, du moins essayer et ce sera grâce à vous. Je sors tout de même pour respirer. Autre chose Arnaud, vous savez ou dormir ?

         - Absolument pas, mais il existe une salle dans le coin, je ne demande pas le confort. Mon copain va m’attendre.

         - Je ne le pense pas, il doit dormir  bien au chaud et vous allez faire de même.

         - C'est-à-dire ?

         - Vous allez rester ici et dormir sur le canapé. La salle dont vous parlez est assez loin et le temps n’est pas très certain.

         - Vous êtes certaine de vouloir que je couche chez vous, on sera seule dans votre maison, vous voyez ou je veux en venir ?

         - Bien sur mais comme j’ai confiance en vous et cela sans savoir pourquoi, je vais dormir tranquillement comme un bébé.

         - Comme un  bébé oui, pourquoi pas, mais vous avez bien changé alors ! Je déplie le canapé.

         - Je vous apporte des draps Arnaud.

         - Oui merci, est-ce que je peux prendre une douche rapidement et me mettre en tenue de nuit, je vais aussi préparer un change pour demain.

  Lisa posa les draps sur le canapé et très rapidement elle fit le lit.

         - La salle de bain est dans le couloir la troisième porte à votre gauche. Je vous souhaite une douce nuit Arnaud. A demain.

         - Oui, merci pour tout Lisa, vous êtes une personne merveilleuse et je vous le dis avec mon cœur, je ne triche pas avec la vie.

         - Merci aussi à vous Arnaud, j’ai l’impression de changer depuis votre venue. Bonsoir et faites de beaux  rêves.

  Un signe de main, un sourire et je me couchais, la journée fut chargée.

 

Aperçu

CHAPITRE HUIT

RETOUR SUR TERRE

 

  Je dormais profondément, quelqu’un me secouait dans mon rêve et une voix me parvenait.

         - Arnaud réveillez-vous, il est huit heures.

  On me secouait encore, j’ouvris les yeux et aperçu Lisa qui avait la main sur mon épaule, déjà bien habillée, pantalon blanc assez ample, chemisier rose, ses cheveux blonds encadraient un visage sympa.  Lisa  possédait un charme indéniable sans plus. Elle recula soudainement en me demandant très gentiment.

         - Vous avez bien dormi Arnaud ?

         - Bien sur et vous, pas trop peur avec un inconnu sous votre toit ?

         - J’ai passé une merveilleuse nuit sans jamais songer que vous auriez pu profiter de la situation, au contraire ma confiance en vous, m’aida à m’endormir calmement.

         - Je vous remercie Lisa pour cette confiance. Au fait j’y pense soudainement, vous aviez la main sur mon épaule ?

         - Oui, pour vous réveiller, j’ai eu ce déclic tout bête de vous secouer un peu afin que vous preniez une douche et ensuite votre petit déjeuner en ma compagnie, si ce n’est trop vous demander ?

         - Mais c’est avec plaisir Lisa et en plus toucher un homme qui n’est qu’un inconnu, il fallait aussi que vous aillez confiance en moi, un peu quoi …

         - Au risque de vous choquer Arnaud, ce geste je l’ai fait des plus naturellement et je peux ajouter que j’ai en vous un début de confiance, vous êtes resté depuis hier un homme qui a de bonnes manières et j’ai apprécié votre compagnie. Puis à aucun moment ne n’ai eu peur ou un doute, cela doit peut être vouloir dire que j’ai envers vous un début de camaraderie qui ne me déplait pas.

         - Vous pensez ce que vous dites ?

         - Bien sur je ne mens jamais.

         - Alors c’est moi qui vous remercie pour cette forme amitié. Deux inconnus qui se découvrent quoi ! Bon je plonge sous la douche et je reviens très vite.

         - Le matin que prenez vous Arnaud ?

         - Café au lait et des biscottes, sinon du pain.

  Je restais un bon moment sous l’eau pour que la sueur parte, puis un coup de rasoir, du linge fleurant bon, mon parfum préféré «  Dolly-Lave » et je me retrouvais à la cuisine en forme. Lisa semblait heureuse et me souriait. Sur la table deux bols de café avec des biscottes et du beurre, ensemble nous primes ce petit déjeuner en prenant notre temps et en bavardant beaucoup. Peu après je me levais.

         - Je dois vous laisser Lisa, merci pour votre hospitalité et votre façon de recevoir. Je dois y aller, mon copain doit me chercher.

         - Vous ne restez pas un jour de plus Arnaud ?

         - Non Lisa, je retourne sur la terre car je dois travailler, puis la terre c’est mon chez moi, le votre se trouve ici.

         - Vous reviendrez quand s’il vous plait ?

         - Je ne sais pas, le plus vite possible, il y a ce procès qui attend, alors je dois ramener des preuves et essayer de défendre ces gens que je dois chercher avant tout. Vous êtes au courant ?

         - Bien sur, je serais peut être avocate, mais je n’y connais rien, je fus nommer par tirage au sort avec d’autres.

         - Donc vous ne serez pas de mon coté ?

         - Je crois que non Arnaud, dans ce tribunal ce ne sera pas comme ici.

         - Je comprends Lisa, alors on se quitte en copains ?

         - Ou en amis, je ne refuse pas. Je peux vous accompagner jusqu’à la place ?

         - Avec plaisir oui !

         - Alors en route, vous n’oubliez rien ?

         - Non, juste mon sac, allons-y !

  Une fois dehors j’en allumais une et fuma dans ce silence, le soleil réchauffait un peu partout, donc ici ils ont une parole, ce sera à nous d’avoir la nôtre. Par moment Lisa me regardait en coin, nous échangions des regards, des sourires sans nous  préoccuper de ceux que nous croisions.

         - Vous vous sentez comment  Lisa ?

         - Avec vous très bien Arnaud.

         - Et sans moi alors ?

         - C’est certainement la même chose.

         - Je m’en doute en effet. Essayez de vous changer les d’idée.

         - Je verrais oui, nous y sommes Arnaud, c’est votre ami avec la Lune, Aurore et quelques copines ?

         - Oui, un homme très bien et très respectueux lui aussi, n’aillez pas peur de lui.

  La Lune fit deux pas en avant en perdant son sourire.

         - Arnaud, ne me dites pas que vous étiez chez Lisa ? Personne n’y va, elle refuse de nous laisser entrer et on ne l’aperçoit que pour faire des courses.

         - J’y étais depuis hier soir Rose et j’ai passé une très bonne nuit sur le canapé je vous rassure.

         - Plutôt étrange comme comportement Lisa, ainsi tu reviens avec nous ? Je veux dire tu vas venir plus souvent ?

         - Oui, toujours enfermer ou presque il faut que cela cesse, grâce à Arnaud ce gros problème à trouvé une solution, demeurez n’importe où et ne plus m’enfermer.

         - Ah bon ! Très bonne nouvelle et vous Arnaud, vous allez revenir revoir Lisa ?

         - Je n’ai pas dit cela Rose ! Puis cela ne vous regarde pas, excusez ma franchise.

         - Mais vous le pensez si fort, enfin ce ne sont pas mes affaires. Vous repartez je suppose ? Alors j’appelle un arc en ciel taxi.

  J’eus le temps d’ajouter.

         - Vous savez Rose, je suis assez grand pour m’occuper de ma vie et du reste. Alors à l’avenir essayez de ne pas vous occuper de moi ou de Lisa, ainsi qu’aux autres.

         - Je m’en souviendrais sourit  Rose. Vous êtes vraiment susceptibles sur terre.

         - Et sur la Lune des personnes aussi jalouses que vous, nous n’en trouvons pas sur la terre.

  Aussitôt à l’aide de son portable elle parla un peu, coupa et dans le même temps un arc en ciel taxi se posa à un mètre de nous. Je parlais longuement avec Lisa et je me plaçais sur l’arc, Paul fit de même en adressant un signe à la jeune fille Aurore et en l’espace de quelques minutes nous nous retrouvâmes dans la pièce rouge. Paul ouvrit sans mal et nous retrouvâmes notre maison. J’allais à la cuisine chercher une bouteille d’eau et me laissais aller dans un gros fauteuil et fuma en  buvant des gorgées d’eau. Dehors le soleil brillait et chauffait la planète mais cette fois-ci comme avant, ni plus ni moins. La transformation débutait.

         - Tu as remarqué Paul ? C’est un régal de contempler ce spectacle, je ne me souvenais même plus comment était le vrai soleil et la force qu’il dégageait.

         - Et cette nuit c’est la Lune qui luira en dardant sur nous tous ses merveilleux rayons, on va renaitre de nouveau.

         - Oui Arnaud, voila un grand pas de fait !

         - Je le pense aussi et cela doit durer.

CHAPITRE  NEUF

BELLE JOURNEE

 

  Les deux copains sentaient la chaleur devenir assez forte et dans les rues les gens parlaient beaucoup, faisaient des signes en levant la tête ou en pointant une main vers le ciel. Le changement s’opérait et la terre semblait vouloir revivre, les arbres sans comprendre pourquoi, bourgeonnaient à vue d’œil et les branches se paraient de feuilles neuves qui poussaient, chose que l’on pouvait apercevoir de visu. Le ciel tenait sa promesse.

         - Je vais prendre un bon café pour avoir les idées claires et ensuite on avisera de la conduite à adopter.

         - Avec plaisir Paul. Tu en sers deux.

         - Alors Arnaud, tu as des idées pour la suite ?      

         - Si je le savais Paul, je te servirais la réponse sur un plateau. On va réfléchir dans le calme et chercher… café pour m’éclaircir le cerveau.

          Arnaud arriva avec un plateau, deux grands cafés passés aux micro-ondes

         - Voila de quoi nous mettre en forme Paul !

  Les deux garçons se servirent  et  allumèrent une cigarette, tous les deux se posaient des questions. Ils cogitaient  à cette journée.

         - Pas mal  Arnaud ce changement ?

         - En effet Paul, c’est même incroyable, je peux respirer beaucoup mieux, l’odeur est moins tenace, la pollution disparaît aussi. Et les changements s’opèrent à vue d’œil. Que vas-t-on faire aujourd’hui ?

         - Je ne sais pas, il nous faut poursuivre mais comment ?

         - Nous devons retrouver deux personnes qui ont vieilli  de vingt ans depuis le début, déjà on ne sait pas ou diriger nos investigations, si nous parvenons à la fin, ce sera un vrai miracle

         - Nous avons effectué un grand pas hier et je n’étais pas très fier la haut. Mais une fois ici, plus de piste et la Lune me faisait rire avec  « Je désire avoir les deux personnes qui sont venues ici » C’est facile de parler ainsi. Moi, elle ne me commandera pas, pas question !

         - Moi non plus, puis elle semble trop sure d’elle, donc elle fera des erreurs et perdra de sa superbe. Elle cherche à dominer les humains et aussi les autres de son peuple…On verra.

         - Oui,  nous ne possédons plus aucun indice, aucune piste. Alors on doit tous se poser des questions, mais aurons nous une seule raison plausible ? Et va-t-on trouver le bon critère dès le départ, on nous donne un mois mais qu’allons nous en tirer ?

         - Aucune idée, je vais appeler sur le téléphone rouge, ce sera peut être un plus qui nous aidera pour la suite.

         - Tu veux encore appeler Arnaud ? Tu vas te faire envoyer sur les roses !   

         - Pas sur, on ne va pas être les seuls à bosser tout de même !

         - Espérons-le mon vieux !

 Arnaud dégusta avant  son café et termina sa brune.

         - Dis moi Paul, tu as j’espère passer une bonne soirée et une douce nuit ?

         - Ce n’est pas ce que tu crois Arnaud, il y avait un canapé, par contre cette jeune fille qui se prénomme Aurore, avec sa jupe rose claire m’a fait craquer à plusieurs reprises. Une chose est étrange sur la Lune, toutes les femmes ou filles sont toujours en beauté il faut en convenir façon de parler. Chez eux ce doit être des plus naturel, alors ce sera à nous de le comprendre. Mais ici aussi les femmes et filles sont jolies, on ne va pas se formaliser pour si peu. Sinon ce fut une très bonne soirée, nous étions tous les deux sur le canapé pour bavarder et nous avions cette sensation de se trouver biens ensemble. Elle m’a laissé partir à contre cœur.

         - Tu n’es pas tombé amoureux de cette jeune fille par hasard ?

         - Pas en quelques heures Arnaud, nous n’avons bavardé que quatre malheureuses heures, ceci après avoir dîné quoi, confortablement installés dans le canapé ouvert. Nous n’avions pas trop de place. Alors ta question me semble exagérée Arnaud. Je pourrais dire la même chose sur toi ?

         - Tu sais comme moi que le coup de foudre existe Paul ?

         - Bien sur, mais je n’en suis pas là. Et toi ?

         -Tu as remarqué cette jeune fille, tu as du aussi entendre parler de ce qui lui arriva à ses dix huit ans ? La Lune ne pouvait pas garder cela pour elle.

         - Je comprends, d’après  toi elle serait jalouse de nous deux ?

         - C’est envisageable Paul, de plus elle est capricieuse, maniérée et surtout jalouse à ne plus en pouvoir, j’ai ai parlé mine de rien avec d’autres femmes et j’ai appris pas mal de choses. Entre autre qu’elle était   divorcée. De ce fait elle peut draguer les hommes.

         - Je le sais aussi Arnaud, il y a du pour et du contre comme partout.

  Ce dernier termina son café et se leva en baillant, Arnaud fixais ce maudit téléphone, qu’est-ce qu’il allait encore entendre comme conneries tout en s’approchant  de l’appareil ses idées s’embrouillaient, il cherchait ce qu’il allait dire, quoi d’autre que la vérité...Alors en soupirant il s’empara du combiné et le posa sur la table en mettant le haut parleur. Une voix grave se fit entendre de suite.

         - Oui, je vous écoute ?

         - Puis-je savoir qui vous êtes monsieur ?

         - Je suis le préfet et vous l’homme que j’ai eu hier, sur ce téléphone il ne peut s’agir que de vous ou  de votre ami.

         - En effet monsieur le préfet, je suis Arnaud, je devais vous rappeler.

         - En effet, le soleil brille comme avant, hier soir la Lune pavoisait du haut de sa grandeur, les étoiles scintillaient formant des carrousels, serait-ce votre œuvre ?

  Allons bon, le procureur n’était qu’un grand poète, ce qui fit sourire Arnaud.              

         - Oui monsieur le préfet, plutôt une grâce obtenue, un genre de marché.

         - Pouvez-vous m’en dire plus ?

         - Je vous raconte monsieur.

  Et Arnaud narra l’ensemble sans omettre le moindre détail, puis il cessa de parler.  A l’autre bout on pouvait entendre comme un souffle, une respiration saccadée.

         - Allo, vous êtes-là monsieur le préfet ?

         - Oui, oui, je réfléchissais, vous avez donc accompli un vrai miracle, je vais en référer à monsieur le président.

         - Monsieur, cette histoire est loin d’être terminée, il faut retrouver un couple de personne qui, il y a de cela vingt ans volèrent quatre étoiles. Pouvez-vous nous apporter votre aide ? Imaginez que nous devrons peut être exploré chaque pays, chaque coin de la planète, en un mois ce sera impossible.

         - Je vous comprends monsieur Arnaud, mais que voulez-vous que je fasse ?

         - Il nous faut l’aide de toutes les nations, des polices de chaque ville ou village mais sur la terre entière. Comment feriez-vous à notre place monsieur le préfet ?

         - Très sincèrement je ne le sais pas et je n’y avais jamais pensé. Cependant c’est vous et votre ami qui êtes habilités à trouver la fin de ce cauchemar. Vous fûtes choisis pour mener de bout en bout cette enquête. Je ne peux rien pour vous.

         - Un moment s’il vous plait ! C’est facile de parler ainsi assis derrière son bureau, mais essayez de vous mettre à notre place.

         - Je comprends fortement votre déception monsieur Arnaud, mais qu’auriez-vous eu besoin ?

         - Des meilleurs policiers, des experts en domaine de recherches, nous à coté nous sommes des novices.

         - Vous avez pourtant fait déjà vos preuves.

         - Ce fut un coup de chance, mais nous demeurons néophytes pour effectuer la moindre recherche, par ou pouvons nous débuter ? Les débutants ne parviennent jamais à rien, vous devez le savoir.

         - Monsieur Arnaud, sachez que je n’envie pas ma position actuelle, j’ai des ordres venant des hautes sphères et je ne peux  m’y déroger, j’en suis navré. J’aimerais pouvoir mettre à votre disposition des milliers et des milliers d’hommes de terrain, mais je n’ai pas le pouvoir d’agir de la sorte.

         - Donc personne ne nous aidera, c’est bien cela monsieur le préfet ?

         - Oui monsieur Arnaud, ne m’en voulez pas s’il vous plait, ma position est des plus délicate et je risque de perdre mon poste en donnant des ordres allant en sens contraire des décisions prises.

 

Aperçu

CHAPITRE DIX

ALLEZ DANSER ?

 

 Paul souffla un grand coup en perdant le moral,

         - Je vous comprends monsieur le préfet, on appelle cela les lois de la hiérarchie ou plus commodément « Débrouillez-vous, vous êtes assez grand » Cela me rend malade !

         - Je dois vous laisser monsieur Arnaud, permettez-moi de vous souhaiter bonne chance et sachez que je vous respecte infiniment vous et votre ami.

         - Vous avez aussi notre respect monsieur le préfet, on ne peut vous tenir responsable de ce qui se passe, pourtant une chose m’inquiète !

         - Je vous écoute ?

         - Dans un mois nous repartirons et tout sera comme avant, peut être pire, on sera encore sans chaleur, sans rien et le gouvernement attend des miracles d’une équipe qui est complètement perdue, de deux hommes qui ne savent rien ou si peu. C’est là ou nous devrions unir nos forces et partager les taches. Alors autant dire que nous restons ici dans cette maison et faute de conseils d’experts, dans un mois une autre équipe prendra la relève.

         - J’en ai bien peur monsieur Arnaud, je reste avec vous par la pensée, vous avez au moins osé aller plus loin que les autres, ce qui prouve que vous êtes des personnes courageuses. Au plaisir, je coupe, merci à vous deux.

  Arnaud posa le combiné sur sa fourche et respira longuement, il s’éloigna pour fumer dans le calme.

         - Nous voilà bien, secoua la tête Paul comme c’est facile de se débrouiller seuls, nous sommes dans une situation invraisemblable et je crois que notre mission cesse ici.

         - Tu dois avoir raison, ajouta  Arnaud, parcourir le monde en un mois et retrouver un couple qui depuis à vieilli de vingt ans. On va dire mission impossible et point final.

         - Que t’arrive-t-il Paul ?

         - Je pensais que la suite aurait été plus simple avec l’aide de tous les pays. Et nous voilà seuls à se demander quoi faire. Nous n’avons aucune idée, alors autant cessé, on ne va pas trouver en claquant des doigts ces deux personnes.

         - On devrait prendre le reste de la journée et aussi la nuit et aller s’éclater dans une boite.

         - Pas bête, demain nous verrons les choses autrement.

  Les deux copains perdaient le moral, comment en effet poursuivre sans le moindre indice, l’état là dedans se fiche complètement de cette affaire, c’est à n’y rien comprendre. Encore un café pour se calmer les nerfs et les deux copains ne savaient plus quoi ajouter. Le portable de Paul sonna, il regarda le numéro et mine de rien alla dans sa chambre. Il fut très vite de retour le visage heureux.

         - Bonnes nouvelles j’espère ?

         - C’était  Aurore qui voulait me parler.

         - Quoi ! La jeune fille de la lune ?

         -  Oui, celle de la lune. Elle me demande si je compte revenir un jour.

         - Pas mal Paul pour une simple copine, elle semble tenir à toi.

         - Possible oui, mais Arnaud ma patrie c’est ici sur la terre.

         - En effet oui, je pense comme toi. Tu as cependant l’air étrange et plutôt heureux.

  Paul ne trouvait rien à ajouter sur ce sujet, Arnaud n’insista pas.

         - Au fait tu es du coin Paul ?

         - Oui, j’habite à vingt kilomètres environ.

         - Moi de plus loin. Quatre cent bornes. Tu penses rester célibataire ?

         - Non, mais je prends mon temps, je veux être sur de moi, ne pas faire un mariage qui terminera un an après par un divorce.

         - Je suis comme toi, on se tiendra au courant, tu es déjà invité à mon futur mariage qui aura lieu un jour et si tu le veux bien tu seras mon témoin Paul. Mais avant il faut que je trouve ma future épouse.

         - Merci Arnaud pour cette marque de confiance, j’accepte de grand cœur et en revanche ce sera pareil, la même chose pour moi, on va bien finir par se caser non, il y en a des filles célibataires comme nous qui cherchent. Alors notre heure sonnera bientôt.

         - J’y compte bien. Bon ceci dit, ce soir on va en boite, mais je ne connais rien moi.

         - Je connais pas mal de boite ici, informa  Paul.  Moi, j’adore «  Le chat noir » poursuivit t’il  cela déménage sauvage et l’orchestre met chaque soir la patate. Cela swing  brutal et sauvage jusqu’au petit matin.

         - Ce qui fait que demain on restera au lit pour récupérer ?

         - Oui Arnaud, nous ne sommes plus à un jour près !

         - La boite dont tu parles, elle n’existe plus depuis deux mois. J’ai lu cela dans la presse.

         - Je ne savais pas. Sinon il y a la boite  «  Au bout de la nuit » Une boite super géniale, deux immense pistes et là oui l’ambiance est assurée.  C’est dans cette boite qu’il y  a des concours de slows chaque semaine ?  J’ai assisté de nombreuses fois à ce genre de concours, je n’ai jamais gagné. Pas eu de chance. Je parle de cela il doit y avoir quatre ou cinq ans.

         - Tu y allais il y a cinq ans Paul ?

         - Même avant bien sur et aussi après,   j’y vais souvent. Une chose est étrange !

         - Ah bon, laquelle ?

         - A chaque fois c’est le même couple qui gagne

         - Ils doivent danser mieux que les autres !

         - Bien sur, tous les deux dansent à merveille et le jury se laissait toujours prendre au regard de cette jeune fille de quinze ans. La dernière fois que le l’ai croisé dans cette boite, elle y venait surtout pour ce concours.  J’ai assisté à leur troisième victoire en trois ans, pas mal et le jury ne se trompait pas. Et elle gagnait ? C’était il y a cinq ans justement, la jeune fille à la fin en recevant son trophée souriait en laissant échapper quelques lames, ses yeux étincelaient par ce grand bonheur d’avoir encore une autre victoire. J’avais plaisir à constater que ce couple qui n’avait pas plus de quinze ans à cette époque remportait trophée sur trophée, coupe sur coupe et ceci chaque semaine, souri  Paul.

         - Le jury avait peut être une préférence pour ce couple ?

         - Le jury était peur eux, insista Paul, je veux bien admettre que les yeux de la jeune Pauline, c’est son prénom si ma mémoire est bonne...Oui, c’est cela, ce sont ses yeux si purs qui à chaque fois faisait que le jury soit pour elle. Il craquait le jury en fixant cette jeune fille qui de plus était assez belle. J’avais des yeux moi aussi, grogna  t’il et je perdais.

         - Tu avais déjà aperçu des yeux avec autant de beauté candide ?

         - Non en effet, mais cela jouait en sa faveur. Après tout c’était aussi bien ainsi.

         -  Pour moi c’est parfait Paul !

         -  Alors la suite c’est quoi Arnaud ?

  Pour ce soir on ira danser, je suis d’accord Paul et on pourra draguer qui sait et trouver l’oiseau rare. Celle que l’on attend.

  Paul perdait son sourire

         - Que t’arrive-t-il ?

         - Rien Arnaud.

         - Toi mon ami, tu n’as pas envie de draguer à cause de la jeune fille de la Lune, je me trompe ?

         - Tu as raison Arnaud, cette jeune fille me manque déjà. Et entre nous rien n’est possible, elle ne pourra pas vivre sur la terre et moi sur la Lune je n’en ai pas envie. La suite me guidera.

CHAPITRE ONZE

 BIENTOT POUR PAUL

 

  Le temps passa et en dialoguant midi arriva doucement, les  deux copains se rendirent à la cuisine et commencèrent par l’apéro, Paul  posa des soucoupes avec des petits gâteaux, ils trinquèrent dans la bonne humeur et burent doucement leur apéritif en grignotant des petits fours et gâteaux. Puis ce fut le repas, juste de la purée avec du jambon, plateau de fromages et une ile flottante en dessert, accompagné d’un excellent verre de vin et ensuite l’éternel café et cigarette pour ces copains qui retrouvèrent leur fauteuil. La ventilation fut activée et la fumée quittait aussitôt la pièce, engloutie dans le néant, le respect tout le monde connaissait. Toujours dans son coin, Arnaud semblait réfléchir énormément. Il ne voulait pas lâcher cette affaire, il songeait que ce serait dommage de stopper après cette première étape si brillamment gagnée. Il se leva d’un bon et chercha les journaux remontant à cinq ans !!!

         - Paul aide moi à trouver les  journaux datant d’il y a cinq ans !!!

         - Pourquoi cinq ans s’il te plait ?

         - Dans les faits divers j’ai aperçu un article qui parlait de concours dans un bal et d’un couple qui gagnait toujours, à l’époque les deux personnes devaient avoir quinze ans.

         - Tu parles de ma version Arnaud ?

         - Oui, j’aimerais si possible savoir où elle demeure.

         - Je l’ai lu cet article hier, renseigna Paul, attends je sais dans quelle pile il se trouve, cela ne va pas traîner. Toi le beau brun tu as une idée ?

         - Peut être beau blond, j’adore ta tignasse, tu as dû en  faire craqué quelques unes, tu as un sacré charme. On ne te surnomme pas le tombeur ? Toi tu es pour le mariage désormais, non ?

         - Oui, j’ai  hâte de fonder un foyer, tout comme toi.

  Paul souri en secouant la tête, l’air vraiment amusé.     

         - Tout peut arriver, à ma connaissance, tu n’es pas mal non plus, moi j’aurai voulu être plus grand. Tu dois aussi connaître la vie et les femmes, non ?

         - C’est de notre âge mon vieux ! Je ne me plains  pas. Souri Arnaud.

  Peu après  Paul tendait à Arnaud le fameux journal qui datait bien de cinq ans.  Paul se demandait ce que cherchait son copain, Arnaud alla directement aux faits-divers. Il parcourut quelques articles et son regard se posa sur un entrefilet  ou un fameux bal avait lieu chaque samedi. Une jeune fille de quinze ans et son cavalier gagnaient toujours, la jeune fille se prénommant Pauline, remerciait tout le monde d’un sourire spécial, un sourire qui lançait des étincelles...Comment un sourire peut il lancer des étincelles ? Etait-ce bien ce que cherchait Arnaud ? Suivaient le nom et l’adresse e cette danseuse hors paire...

         - Alors, demanda Paul cela te même où ?

         - Je ne sais pas encore, J’ai mon idée.

         - Et tu vas aller où avec ton idée ?

         - Je ne sais pas, si je fais erreur, on avisera, on y va Paul, laisse ta voiture, on va prendre mon quatre quatre, on sera fixé dans peu de temps.

         - Et tu vas ou ?

         - Chez les parents de Pauline et aussi je l’espère de Pauline, je marche au radar.

         - Tu as l’air sur de toi.

         - Pas vraiment, mais on ne doit négliger aucune piste, la moindre possibilité peut nous faire avancer, tu comprends ?

         - Bien sur, Cela va te conduire où ?

         - Je ne sais trop. Une demi-heure de route environ, je me fie à l’adresse du journal, j’aimerais bavarder avec la jeune fille de ces concours. Et on sera peut être fixés. Je t’explique. Indique moi la route s’il te plait.

         - Si c’est un effet de ta bonté je veux bien mon ami.

  Et Arnaud narra à son copain ce à quoi il songeait. Paul réfléchit et ne trouva rien à répondre. La route défilait et bientôt les deux amis furent en vue d’une petite commune de quelques centaines d’habitants. Arnaud se gara sur un parking et entraîna Paul dans un dédale de petites ruelles. Il stoppa devant une porte et sonna en se sentant tout de même mal à l’aise. La porte s’ouvrit justement sur une jeune fille qui devait à coup sur, faire craquer les garçons.

         - Messieurs bonjour, que désirez-vous ?

         - Vous êtes bien mademoiselle Pauline ? Demanda Arnaud

         - C’est moi en effet monsieur.

         - Vous êtes seule en ce moment ?

         - Non, je suis avec mes parents, mon petit ami vient de partir. Vous portez un insigne, seriez-vous de la police ?

         - En effet mademoiselle, moi je suis Arnaud le patron avec mon collègue Paul. Nous pouvons entrer avec votre accord ?

  La jeune fille s’effaça et les deux amis se retrouvèrent devant un couple qui n’était autre que Monsieur Monate et son épouse.  Une fois les présentations faites, la maman servit le café pour tout le monde en priant les deux hommes de prendre place au salon avec eux. La jeune fille souriait en se posant des questions, son regard se voilà, elle se demandait pourquoi avoir la police chez elle. Arnaud prit le temps de boire son café et sans attendre, il demanda à la jeune fille si elle allait toujours au bal pour remporter des coupes, médailles ou autres.

         - Bien sur monsieur, samedi j’y retourne, j’adore danser.

         - Et savez-vous pourquoi vous remportez à chaque fois les concours ?

         - Je ne sais pas monsieur, peut être parce que je danse très bien.

         - Vous avez toujours le même regard ?

         - Je ne comprends pas, excusez-moi ?

  La maman se leva et se plaça à coté de sa fille...

         - Je crois comprendre pourquoi vous êtes ici messieurs, c’est au sujet de cette affaire qui remonte maintenant à vingt ans ? Est-ce que je fais erreur ?

         - Non madame Monate, c’est toute une histoire, vous voulez bien nous expliquer rapidement ? Je vous rassure vous ne risquez rien.

  Alors les parents en se relayant relatèrent tout sans omettre le moindre petit détail, Pauline écoutait sachant déjà la vérité. Les deux copains évitèrent de leur couper la parole, puis ce récit prit fin et on arrivait à aujourd’hui...

         - Qu’allez-vous faire messieurs ?

         - Je ne peux rien vous dire, vous devez comprendre que nous avons des ordres, je vais vous demandez de me suivre tous les deux, il ne vous sera fait aucun mal, vous avez notre parole, mais les ordres doivent être exécutés, vous me comprenez ?

  Le père ajouta...

         - Vous désirez nous envoyer en prison dès ce soir ?

         - Non monsieur Monate, vous allez passer le reste de la journée avec nous deux et demain cette histoire si belle trouvera un juste dénouement.

         - Entendu, comment avez-vous découvert tout cela après vingt ans ?

Arnaud soupira et avoua...

         - Madame Monate, simplement par un fait divers dans un journal datant de cinq ans.

         - De cinq ans !!!

         - Oui madame, ironie du sort, coup de chance comme au poker, appelez cela comme vous le voulez, le principal c’est de vous avoir trouvé. C’est mon ami ici présent qui m’a parlé de ce fameux bal ou il se rend encore parfois, mais il n’a jamais gagné un seul concours.

  Et de conclure...

         - Madame, monsieur Monate  prenez une petite valise avec un change ou deux, ce sera suffisant. Vous serez vite de retour. Avez-vous des questions ?

         - Vous avez un mandat messieurs ?

         - Non, monsieur Monate.

         - Alors nous ne sommes pas obligés de vous suivre ?

         - Exact monsieur, mais n’allez pas aggraver votre cas par une tentative d’aller ailleurs vous cacher, vous risqueriez de perdre et sachez que nous sommes ici pour vous aider, pas pour vous nuire. Que décidez-vous ? Nous pouvons partir bien sur et revenir avec un mandat, en laissant devant votre porte des agents qui surveilleront vos faits et gestes.

 

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CHAPITRE DOUZE

PAULINE ET SON FUTUR

 

  Les parents réfléchirent et le papa annonça.  

         - Entendu messieurs nous vous suivons.

         - La jeune fille prit la parole.

         - Messieurs, je ne veux pas laisser mes parents, donc je vais avec eux.

         - Je ne puis vous empêcher de parler ainsi mademoiselle, c’est même tout à votre honneur.

         - Messieurs, où nous conduisez-vous ?

         - Maintenant dans une maison où nous avons une location d’un mois, vous serez libres de bavarder avec nous, vous coucherez dans des chambres très belles et avec tout le confort, je vous rassure, vous n’aurez pas le droit de sortir, vous devez le comprendre et l’admettre.

         - Je suis confiante messieurs, est-ce que nous pourrions avoir une chambre auprès de notre petite-fille Pauline ?

         - Pas de problème, il y a même deux chambres communicantes, nous les mettons à votre disposition pour la nuit. Autre chose ?

         - Et demain, que ce passera t’il ?

         - Nous aurons le temps de vous mettre au courant après le petit déjeuner.

         - Pouvons-nous faire appel à nos avocats ?

         - Mais monsieur Monate, c’est vous qui décidez. Qui sont’ ils ?

         - Maitres Valomb et frésart.

         - Ah oui ! Les deux inséparables, on les appelle ainsi.

         - C’est vrai, vous les connaissez ?

         - Oui, nous sommes en très bons termes, ce sont des amis. Je suis moi-même avocat bâtonnier, j’ai une place d’avance sur eux, un grade de bâtonnier qui est important.

         - Parfait, donc je les préviens ou doivent-ils se rendre ?

Paul donna l’adresse en ajoutant.

         - Dites-leurs de venir demain matin à dix heure à notre adresse, ajoutez que je suis Arnaud de la cour du tribunal de Saultaie,  aussi que vous êtes bien traités et que vous ne manquez de rien. Ajoutez qu’ils peuvent m’appeler.

         - Merci messieurs, vous avez une sacrée courtoisie et un comportement qui incite à la confiance la plus totale.

         - Je vous remercie, conclu  Paul, à présent suivez-nous s’il vous plait. Merci aussi pour votre coopération, des gens comme vous manquent sur notre terre.

  Tous les cinq prirent place dans l’énorme 4x4, qui démarra aussitôt. Personne ne parlait, chose étrange. Mais c’était encore mal connaître Paul…

         -  Bravo à toi d’avoir trouvé. C’est plus un nez que tu as mais un radar ultra sophistiqué, alors ainsi tu es bâtonnier dans les tribunaux ? Tu as l’air célèbre aussi ?

         - Je jouis d’une très bonne réputation et les clients ne veulent que moi, je n’ai encore jamais perdu un procès, je parcours des milliers de kilomètres par an. Il faut bien avoir un métier et toi ?

         - Adjoint au maire de ma ville, bonne situation et pas beaucoup de boulot.

         - Fonctionnaire quoi ! Oui, bon on continue Paul, il faut songer à cette affaire.  J’ai écouté  tes remarques avec ce bal et les gagnants qui étaient toujours les mêmes. Tout est parti de là, encore une épreuve de gagner.

         - Oui, je te félicite Arnaud, excellent boulot. Toi au moins tu sais où tu vas…Ton métier t’apprend à réfléchir énormément.

         - En effet, pas le tien, dans une mairie c’est assez relax, se moqua t’il gentiment. Je ne suis pas meilleur qu’un autre tu sais. Pourtant Paul, je ne suis pas fier de moi, pas vraiment non...Comment cette affaire va-t-elle se terminer ? J’aimerais le savoir oui...

  Et la voiture s’éloigna pour rejoindre l’autoroute. Puis le soir venu, Arnaud et Paul expliquèrent la suite aux parents et à la jeune fille. Et ce fut après un excellent repas un bonsoir général et une bonne nuit après une douche ou un bain.                         

*******

 Le réveil se fit lentement pour l’ensemble, ceci à huit heures. Lorsqu’Arnaud arriva dans la salle à manger après avoir pris une bonne douche et s’être vêtu en tenue relaxe, pantalon, chemise bleue claire et mocassin marron,  tous le monde commençait le petit-déjeuner, il salua la mère et la fille, serra la main du père et prit place pour ce petit déjeuner convivial. Il se servit un bol de café, s’empara de la corbeille de croissant et débuta cette journée qui allait être forte en émotion. Car la suite demeurait inconnue.

         - Que ce passe t’il ce matin  Paul tu sembles ailleurs ?

         - Depuis hier soir  je me pose des questions sur la suite.

         - Moi aussi, car cela devient vague, flou…Mais nous allons gagner.

         - Je me demande comment tu fais pour garder un moral pareil ?

         - C’est dans mes habitudes Paul, vous avez terminé votre petit déjeuner ?

  A ces mots le  père remercia et pour cette nuit et pour ce début de journée, son épouse fit de même et c’est Pauline qui conclue.

         - On vous doit un grand merci messieurs. Vous êtes très sincères et vous avez une parole.

         - Mais Mademoiselle Pauline, nous n’avons aucune raison pour vous en vouloir. Au contraire nous sommes ici pour vous protéger. Au fait, vous avez toujours le même petit copain ? Si ma question vous dérange, ne répondez pas et en ce cas je m’excuse par avance.

         - Je n’ai rien à cacher      monsieur, on parle même mariage, on passe de très bons week-ends ensembles. Nous avons vingt ans…

         - Je comprends, alors soyez heureuse Pauline.

  Le père ajouta.

         - Dites-moi monsieur Arnaud.

         - Oui monsieur ?

         - J’ai demandé à mes avocats de ne pas venir.

         - C’est comme vous  voulez monsieur. Vous en trouverez un sur place.

  Paul songeait à une chose toute bête.

         - Arnaud, d’après ce que tu m’as dit, tu as tes diplômes d’avocat et même plus ?

         - Oui, cette profession me plaisait, alors je l’ai embrassé et en même temps je suis devenu  romancier-écrivain. Pour moi ça roule ! J’adore parler et écrire.

         - Bien, tu vas donc être l’avocat de cette famille.

         - Tu voudrais que je défende cette famille ici présente ?

         - Exacte oui.

         - En ce cas je ne refuse pas si bien sur cette famille m’accepte.

  Les parents furent soulagés et enthousiasmés par la proposition. Alors ils  tombèrent vite d’accord.

         - Pour la suite je songe que ce sera mieux de pouvoir compter sur toi. Tu vas me seconder.

         - Tu sais mon ami Arnaud que la  ou nous allons, le patron de l’équipe peut se permettre de prendre la parole et de s’adresser à n’importe qui. Il peut aussi prendre la place d’un avocat. Alors, comme tu adores parler et que tu as fait des études très poussées dans le domaine des lois et de la magistrature, je te laisse la place et il n’y aura plus de changement. En plus tu es écrivain-romancier tu vas de ce fait te trouver dans ton élément. Les idées ne doivent jamais te manquer.

  Arnaud pensa à la suite, il se souvient que Rose avait parlé de coupables et que ces derniers devront payer. Vingt ans après il y a proscription, alors que risquaient les parents ? Puis est-ce que sur la Lune on connaît les lois qui régissent la vie ? Le code pénal doit normalement être le même partout. Il y a aussi le fait que la haut tout n’est pas parfait, la nature a voulu que le monde soit divisé, la terre, la mer et le ciel...Sur la Lune les gens parlent correctement le français, mais de là à mener un procès à bon terme c’est peut être autre chose.

         - Arnaud !!!

   Puis, il faut des avocats, mais des vrais, avocats, pas des remplaçants qui eux non plus ne savent rien...

         - Arnaud Oh o o!!!

CHAPITRE TREIZE

LES PORTES DU TRIBUNAL

 

  Je sursautais et retrouva la réalité. Tout en délicatesse ce cher Paul.

         - Qui à t’il Paul ? Je réfléchissais à la suite.

         - Je l’ai remarqué, je te demandais si tu voulais un autre café, il est frais.

         - Avec plaisir oui, mais je peux me servir mon pote. Je vais fumer à coté   Tu gardes un œil ouvert et tu surveilles le téléphone. Je prends mon café et je vais réfléchir encore avant de partir.

  Arnaud se laissa aller dans un fauteuil en en grillant une brune et se délectant de cet humble breuvage. Des pas le firent se retourner, les parents et la jeune Pauline étaient là.

         - Bonjour monsieur, on peut prendre un peu de votre temps ?

         - Mais je vous en prie, prenez place et dites-moi ce que vous désirez.

  Monsieur Monate cherchait ses mots et...

         - J’ai demandé à votre ami de me mettre au courant de la suite et votre ami prétextant ne pas pouvoir me répondre m’a gentiment demander de venir vous en parler.

         - Je comprends monsieur, vous vous inquiétez pour la suite ?

         - C’est compréhensible il me semble ?

         - Tout à fait oui et je me mets à votre place.

         - Alors que va-t-il se passer ?

  Arnaud se mit à réfléchir, difficile de raconter la suite...Pourtant.

         - Je vais vous dire ce que je sais en espérant ne pas passer pour un imbécile car les concours de circonstances pourraient le faire songer.

         - A ce point ?

         - Oui madame, nous sommes attendus sur la Lune, il n’y a pas d’heure de fixée, mais dans le ciel on attend notre venue, surtout la vôtres madame et monsieur. Il est même question de, je cite : « Vous faire payer pour ce que vous entreprîtes il y a vingt ans »  Mais rassurez-vous, je pense que la Lune et le Soleil cherchaient à nous intimider. Il n’existe pas de tribunal dans le ciel ou alors ce serait le monde à l’envers. Je pense que lorsque vous aurez rendu les étoiles tout prendra fin et on reviendra chez nous pour poursuivre notre vie de chaque jour.

         - Vous voulez aller dans le ciel et parler avec le Soleil et la Lune ?

         - C’est cela madame et ce n’est pas une plaisanterie, vous avez remarquez depuis hier soir que la Lune était présente comme avant. Ce matin le Soleil lui aussi reprend ses habitudes et comme par hasard les rues, les maisons et tout le reste tout change à la vitesse grand V. Les chemins, les sentiers, tout redevient propre comme si rien ne s’était passé avant, je parle de ces vingt dernières années.

         - Nous avons tous remarqué ces changements de climat Arnaud et ceci grâce à vous et à votre camarade qui semble très sérieux et foncièrement bon. Autant que vous.

         - C’est bien cela mademoiselle Pauline, merci. Je vais vous dire où nous en sommes rendus, ainsi vous me croirez, du moins je l’espère.

  Arnaud narra pour la porte, l’arc en ciel et la Lune, pour les explications, tout y passa. Cette famille ne disait pas un mot, elle écoutait attentivement. Puis le récit prit fin.

         - Vous en savez autant que nous désormais et vous devez me croire, sinon il faudrait faire preuve de beaucoup d’imagination pour inventer tout cela, je vous l’accorde. Puis vous êtes obligés de me croire car ce fameux arc-en- ciel il vous servit par le passé.

         - Vous avez raison, déclara le papa, ce fut notre plus belle erreur et aujourd’hui il faut payer c’est ainsi partout.

  Arnaud croisa le regard de Pauline et soupira longuement. Il jeta un coup d’œil à sa montre, il fallait y aller.

         - Vous venez tous les deux avec nous ? Demanda la maman.

         - Oui, préparez-vous je vous prie. Prenez des affaires, quelques changes. Rassurez-vous à  deux nous parviendrons à un résultat. Je reviens.

  Arnaud reprit des vêtements sous housses lui aussi, un sac un peu plus grand, de quoi tenir trois quatre jours.

         - Tu es prêt  Arnaud, tu vas devoir être à la hauteur, moi tu vois ce procès je le redoutais et je n’aurais pas trouvé mes mots. A chacun son truc quoi.

         - Oui, peut être as tu raison, on verra cela sur place, puis tu vas retrouver ta copine.

         - Toi non ? Ricana-t-il !

         - Erreur Paul, je suis libre comme l’air.

  Arnaud fixa la porte d’un air de dire, «  Me revoilà la Lune, à nous deux ». Un signe à cette famille qui comprit, Arnaud les fit entrer dans la pièce après avoir ouvert la porte rouge. Une fois de plus le toit disparut, la lumière fut couper et un escalier de pierre en colimaçon approcha quelques peu dans la pièce. Cet escalier qui montait vers les hauteurs n’était autre qu’un escalator qui allait très vite, une fois dessus la jeune fille se blottit dans les bras de ses parents, le papa n’en menait pas large et sans comprendre comment tout cessa. Le tapis roulant s’éloigna et les quatre personnes se trouvèrent sur la lune.

         - N’avancez pas, commanda Arnaud, quelque chose me choque.

         - A quoi songez-vous ? demanda le papa.

  Arnaud qui reconnaissait le coin remarquait dans le lointain un long et large tapis rouge et chose étrange un édifice qui ressemblait à s’y méprendre à un tribunal avec au beau milieu de l’entrée une immense pierre placée en hauteur. Donc pour entrer dans cet endroit on passait par la gauche ou la droite mais pas au centre. Il chercha longuement mais sans vraiment comprendre, sans vouloir l’admettre.

         - Qu’avez-vous ? murmura Pauline.

         - Je ne sais trop mademoiselle, ce n’est pas de la peur mais un pressentiment qui me fait songer à une sorte de mise en garde presque éminente. Disons plutôt qu’on essaie de nous déstabiliser avec une mise en scène qui me fait sourire.  Rassurez-vous c’est ma façon de parler, je pense simplement que l’on va apercevoir du monde et ne pas rigoler…Alors restons sérieux.

         - Un danger ? Mais lequel ? Prit-elle peur.

- Calmez vous je vous en prie, vous, vous ne craignez rien. Et ce n’est pas un danger.

         - Ce qui veut dire que mes parents ne ....

  La jeune Pauline ne termina pas sa phrase, elle cherchait avant tout comment venir en aide à ses parents qu’elle adorait.

         - Ne parlez pas ainsi, tout va bien se passer. Nous ne craignons rien, alors rassurez-vous pour vos parents.

         - Vous bien sur vous aurez toujours la possibilité de sortir de cette situation.

         - Mademoiselle, moi il y a vingt ans, je ne suis pas venu ici voler des étoiles, alors vous devez savoir qu’un jour ou l’autre on paye toujours pour les fautes commises. Excusez-moi de vous parler ainsi, mais si vous ne vous sentez pas à l’aise il fallait rester chez-vous !

         - Et ce moment serait venu ?

         - Je le crois Pauline et le déplore.

         - Pas autant que moi.

         - Pauline, je vais vous demander de vous calmer s’il vous plait, si nous perdons de notre assurance, c’est une arme qui se retournera contre nous. Nous devons rester lucides, calmes et même si nous avions peur, il ne faudrait surtout pas le montrer, la moindre faiblesse nous conduira à notre perte, la mienne y compris, c’est fort possible. Je ne m’attendais pas à constater que sur la lune les choses se présentaient ainsi. En matière de tribunal cela ressemble au top. Mais je garde confiance car le procès ne peut démarrer tout de suite et les charges retenues contre vos parents trouveront une solution.

         - Et cela vous pose des problèmes monsieur Arnaud ?

         - Oui monsieur Monate car je ne sais plus où nous allons. Je veux dire que personne ne savait pour notre venue, donc le procès, ne peut pas avoir lieu dans cette journée, au besoin je me servirais de mes droits d’avocat qui seront respectés. Il me faut un peu de temps pour préparer ma défense et aussi songer à votre sécurité. Voila à quoi je songe en premier lieu.

  Dans le lointain une musique de cor de chasse se fit entendre, et cette musique se rapprochait. Bientôt nos amis purent apercevoir sur deux rangées un total de huit hommes habillés d’uniformes rouges d’apparats, chacun jouait du cor en avançant à pas lents. Etait-ce pour jouer avec les nerfs des arrivants, pour mettre la pression ? Paul se contenta de sourire en allant à leur rencontre, puis une fois à l’arrêt, il leur serra la main. Il parla avec eux. Mais les huit hommes ne semblaient pas vouloir accepter le dialogue, l’un d’eux prit la parole.

         - Nous sommes venus pour vous emmener devant les assises.

         - Les assises ! répéta Paul.

         - Vous avez bien compris monsieur, alors vous allez nous suivre jusqu’au tapis rouge, ensuite on vous expliquera.

         - Le procès va débuter tout de suite ?

         - Non, mais dans peu de temps, avez-vous un avocat pour ces deux personnes ?

  Paul m’adressa un signe et je m’avançais de quelques mètres…

         - Arnaud, ces types désirent nous conduire au tribunal et aux assises pour être précis, de plus ils veulent savoir si nous avons un avocat.

         - Pas mal Paul, mais je refuse ce procès pour le moment.

         - Ce n’est pas moi qu’il faut convaincre Arnaud.

         - Messieurs, il n’est pas question dans l’immédiat d’ouvrir un procès, je m’y oppose fortement et j’ai le droit de demander un report d’audience, vous comprenez ? De plus je n’ai pas le dossier sur cette affaire, alors je vous réitère ma demande. Le procès se fera plus tard.

         - Bien monsieur, vous allez venir avec nous et vous expliquer avec le juge.

         - D’accord, il faudra me remettre le dossier complet sur ce qui se passa il y a vingt ans.

         -  Mais, vous l’aurez maître. C’est chose prévue.

         - Bien, je suis d’accord et nous allons vous suivre.

         - Oui, vous marcherez au milieu de nous, deux rangées de quatre et vous entre nous.

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                                                CHAPITRE QUATORZE

            ROBE AVOCATE RELAXE

 

  Arnaud adressa un signe à la famille et cette procession s’ébranla doucement, le chant des cors  reprit encore plus fort,  la mère semblait terroriser, le papa Monate ne savait plus si on était le matin ou le soir, quand à Pauline elle pleurait à chaudes larmes. Et bientôt ce fut l’arrêt sur le tapis rouge qui devait bien faire cent mètres. Au bout un grand portail ouvert où l’on apercevait une grande salle de pas perdus, comme les tribunaux de chez nous.

         - Vous allez attendre ici messieurs-dames, rassurez-vous on ne vous oublie pas.

  Arnaud songea à une chose primordiale.

         - Messieurs, j’aimerais prendre lecture de votre code pénal, j’ai oublié le mien et pour cela je vous présente toute mes excuses.

         - Vous l’aurez monsieur, avec le rapport complet.

         - Merci, dites-moi on doit rester ainsi debout ? Il commence à faire très chaud !

         - Patientez quelques minutes, ensuite vous aurez une pièce pour vous deux, Je parle pour vous monsieur et votre suppléant, on vous donnera à boire et aussi des fruits frais.

         -  Et les parents ? Et cette jeune fille ?

         - Ceux-ci seront très bien traités mais ils seront conduits dans une pièce très belle, ceci pour éviter que ces gens puissent parler à d’autres en les laissant en liberté.

         - Vous n’avez pas le droit !!!! Hurla  Pauline.

         - N’ajoutez rien Pauline, c’est la loi ici et vous ne pourrez rien y changer. Mais je vais passer mes consignes et je vous assure que vous n’allez pas rester longtemps enfermer.

         - Mais  Arnaud, c’est désolant, c’est une honte !!! Mes parents en prison.

         - Pas pour longtemps croyez-moi. Je commence à comprendre pas mal de chose et vos parents ne seront pas en prison.

         - Ah oui et vous pensez que cela m’intéresse ?

         - Pas vraiment Pauline, mais c’est histoire de parler.

         - Excusez-moi Arnaud, j’ai peur pour mes parents.

         - Je le conçois aisément « La meilleure ».

         - La meilleure ? Chercha-t-elle ?

         - C’est ainsi que parlent les journaux sur vous lorsque vous remportez une coupe ou un trophée, c’est un surnom que vous portez très bien.

         - Oui, j’avais oublié, vous savez Arnaud en ce moment « La meilleure » aimerait faire des miracles et tout arranger.

         - Calmez-vous Pauline, tout ce passera bien.

         - Vous êtes toujours aussi certain de vous ?

         - Non et je dois vous avouer qu’en ce moment je suis un peu paumé et perdu, mais je crois en ma bonne étoile, quelque part elle brille pour moi seul et lorsque je perds le moral, très vite celui-ci revient, c’est ainsi. Disons Pauline que je ne baisse pas souvent les bras. Ma force réside peut être dans ce que je vous narre. Gardez confiance c’est environ cinquante pour cent de gagner, pas mal non ?

         - Oui, je vais essayer d’être comme vous Arnaud.

         - Bon on reste encore longtemps ici demanda Paul ?

  Arnaud s’inquiéta du silence des parents. Tous les deux demeuraient enlacés et murmuraient des choses, donc tout va bien pour ce couple. Une femme sympa portant un ensemble robe bleue avec un voile bleu translucide s’approcha et se présenta.

         - Je suis Léa une des avocates de la partie adverse. Je vais défendre avec deux de mes collègues la Lune, le Soleil, Zeus et Jupiter. Vous c’est Arnaud l’avocat de ces personnes ? Et  vous avez comme suppléant monsieur Paul, c’est bien cela ?

         - Tout à fait oui.

  Léa serra la main de la maman et celle de Pauline, puis ce fut le tour de Paul et du père et ceci sans  la moindre animosité apparente.

         -  Et cette jeune fille, qui est-ce ?

         - C’est Pauline, la fille de ce couple.

         - Cette personne n’était pas obligée de venir ici.

         - Non, mais elle avait le droit d’accompagner ses parents, non ?

         - Entendu Arnaud, ce n’est là qu’un détail.

         - Un immense détail ! Et sachez que cette jeune fille est sous notre protection.

         - Entendu maître Arnaud, suivez nous avec votre suppléant, Tout le monde sera bien traité.  Je vous rassure. Et vous avez ma parole.

         - Prenez en soin de ces trois personnes, sinon un autre procès pourrait avoir lieu pour maltraitance et promesses non tenues.

         -  Maitre Arnaud vous n’avez pas l’air de plaisanter ?

         - Moi non plus, déclara Paul.

         - Je l’avais deviné monsieur Paul. Je dois vous conduire chez le juge parait’ il ?

         - Oui, pour retarder le procès sans plus.

         - Le juge n’acceptera jamais. C’est prévu pour trois heures et cela ne changera pas.

  L’avocate cogna à une porte, un bref « Entrez » et Léa nous adressa un signe. Le juge souriait, l’air assez  avenant. Je me présentais, Paul aussi, encore des poignées de mains et…

         - Je peux vous rendre service messieurs ?

         - Oui et c’est très simple monsieur le juge, le procès va être reculé, voire annuler pour aujourd’hui, voila ma requête.

         - Donnez-moi une bonne raison pour que j’accepte monsieur ?

         - Pas difficile, je n’ai pas encore pris lecture du dossier et comme je ne bosse pas sans filet, je refuse de commencer ainsi et en plus j’ai oublié mon bouquin de code pénal.

         - Je le sais, tenez, voila le dossier et le code. Vous pensez en avoir pour longtemps ?

         - Je ne le sais pas monsieur le juge, je dois aussi aller saluer mon amie, cela prend du temps ! je ne peux pas être partout !

         - Moi c’est Gilbert. De qui parlez-vous ?

         - De Lisa, la jeune fille qui a peur des hommes !

         - C’est avec vous qu’elle se trouvait hier il me semble, vous avez même dormi chez elle ?

         - Oui, en tout bien tout honneur,  Mon copain aussi doit aller voir une jeune fille.

         - Je comprends les gars, prenez votre temps, Arnaud vous semblez inquiet pour Lisa, elle ne vous a pas fais d’avance j’espère. A ce jeu elle est très forte.

         - Pardon, on ne doit pas parler de la même personne, Lisa refuse la présence d’un homme.

         - Je pourrais vous citer des noms d’hommes qui  diraient comment se comporte Lisa, surtout au lit, pas mal de gents  disent que c’est une fille qui adore l’amour et que sur ce terrain elle ne craint personne.

         - Merci Gilbert, je ne serais pas long, encore mille mercis pour vos propos, si tout le monde était comme vous.

         -  Sinon pour le couple et leur fille, ils sont non pas dans une pièce, mais chez un couple d’ici et connaissant ce couple je peux vous assurer que cette famille est entre de bonnes mains. Vous pouvez disposer messieurs, pour le procès faites moi signe, ce tantôt ou cette nuit, nous avons tous la forme. Vous pouvez aller rendre visite à la famille Monate, voilà l’adresse.

         - Merci et à très bientôt, je n’oublie pas le dossier et le bouquin. Au plaisir Gilbert.

         - Passez un bon moment tous les deux.

CHAPITRE QUINZE

BELLE FEMME NON ?

 

  Une fois dehors j’en allumais une et marcha un peu, dans le ciel un cheval volant passa entre un arc en ciel très beau spectacle, plus loin un genre de lac et assis au bord une femme semblait profiter du soleil, elle ne portait qu’un voila blanc qui ne cachait à peine son intimité et moi je me surpris tout seul en n’y prêtant pas d’attention. A notre passage elle nous sourit, nous fîmes de même sans plus. Puis quelques filles mariées nous reconnurent, alors on s’arrêta  comme des vieux amis et discutâmes un bon moment.

  Paul m’adressa un signe et s’éloigna, j’avais compris.

         - Dites-moi, est-ce que Lisa resta avec vous après notre départ ?

         - Pas longtemps Arnaud, elle semblait avoir peur de quelque chose, Elle a toujours eu le chic pour nous laisser en plan sans raison valable. Elle disait toujours qu’elle devait aller chez elle.

         -  Vous êtes au courant pour ce qu’elle fait, soyez franches ?

         -  Oui, Lisa est de plus en plus volage, elle passe pour une moins que rien. Voila en gros, surtout Arnaud ne vous laissez pas emporter par vos sentiments, vous seriez par la suite malheureux.

         - Merci mesdames, Lorsque je serais prêt, je préviendrai le juge, je vous dis à plus tard. Profitez de ce beau soleil. J’y pense d’un seul coup si le procès débute, le soleil sera ici avec nous et la chaleur ?

         - La Lune et le Soleil ont des remplaçants, la future relève. Donc de jour comme de nuit rien ne doit changer pour nous.

         - Entendu, je viens encore d’apprendre du nouveau, de ce fait je me suis enrichi grâce à vous. Un grand merci et à plus tard.

  Puis doucement je me rendis chez Lisa en repensant à ses paroles, donc je ne dois pas lui donner d’espoir, cela tombe bien car je n’ai pas cette envie, copain copain sans plus. Je sonnais deux coups en reculant un peu. La porte s’ouvrit sur cette jeune fille qui semblait encore bien jeune, elle ne faisait pas vingt cinq ans mais plutôt vingt. Nous nous regardâmes un moment en cherchant nos mots… Elle portait une robe arrivant au dessus de ses genoux, assez courte et un chemisier rose.  Je me disais qu’après tout si j’avais une ouverture, je serais bien bête de refuser.  

         - Vous êtes déjà de retour Arnaud ?

         - Oui, je tenais à venir vous saluer car ensuite je dois éplucher le dossier du procès.

         - Oui, je comprends, vous n’avez même pas quelques minutes, on aurait bu boire un café ou un thé à la menthe.

         - Je ne refuse pas, vous êtes certaine que je ne vous dérange pas ?

  A peine le temps de prononcer un mot de plus et elle m’attirait puis referma sa porte.  La suite me sembla sortir vraiment de l’ordinaire, cette fille se retrouva nue et déjà me fixait. Un long moment je regardais son corps en commençant à avoir chaud, puis ce qui devait arriver se produisit, à même le sol cela dura bien une demi-heure, j’eus comme l’impression qu’elle était en manque depuis de années et j’étais prêt à mettre la parole des autres filles en doute. Un peu plus tard après une rapide douche, je m’habillais encore sur ma faim, le boulot n’allait pas attendre. Elle sembla le comprendre.

         - Vous êtes vraiment obligé de partir Arnaud ? Moi j’ai tout mon temps.

         - Oui Lisa, je peux vous poser une question ?

         - je la connais déjà, c’est au sujet de ce que je vous ai dit sur moi et les hommes ?

         - Oui et je constate que vous êtes loin d’en avoir peur, ce serait plutôt le contraire.

         - C’est exact oui, depuis ce viol manqué, je me donne à n’importe qui, je prends juste mes précautions, attraper une maladie je le refuse, mais vous avez ce qu’il faut. Vous sortez couvert comme on dit.

         - Moi aussi je suis très prudent Lisa. Plutôt rapide votre bonjour.

         - Mais…Dites moi Arnaud vous m’en voulez, vous me prenez pour une moins que rien ?

         - Je ne vous juge pas, c’est votre vie, cependant vous devriez chercher un brave type et songer à vous casser, à fonder une famille. Ce que j’en dis.

         - Oui, possible, vous reviendrez ?               

         - Je ne le pense pas et c’est peut être aussi bien ainsi. Soyez heureuse Lisa mais avec un seul homme.

         - Avec vous cela aurait pu marcher, je suis sincère, mais c’est trop difficile à croire. Laissez moi s’il vous plait et merci Arnaud ce fut un réel bonheur nous deux.

  Je sortis ne sachant que penser en me traitant de dégueulasse et tomba encore sur les dames.

         - Vous avez été invité à prendre le café monsieur ?

         - En effet et nous avons longuement bavardé.

         - Ah bon, souri l’une d’elles en me sondant. Lisa ne bavarde pas souvent, enfin ce ne sont pas nos affaires. Excusez-moi Arnaud.

         - Je vous en prie, je constate qu’on ne peut pas vous cacher grand-chose, alors vous avez raison, Lisa est bien comme vous me l’avez décrite, une bombe qui ne demande qu’à sauter toujours plus haut. Le sujet est clos et je n’ai fait de mal à personne c’est là le principal. Si vous m’en voulez, je m’en remettrai. Sachez tout de même que je suis un homme sérieux avec ceux qui sont sérieux, par contre je n’irai jamais chercher après une femme mariée, ou une fille qui à un copain, un ami,  le respect existe et je vous respecte mesdames, n’en doutez pas.

         - Mais nous aussi Arnaud, votre vie privée vous concerne comme nous la notre.

         - Merci à vous toutes, voila qui est joliment dit. Sinon sans vouloir paraître pédant, que pensez-vous toutes de Rose.

  Les filles hésitaient, puis l’une se décida.

         - Rose est une fille merveilleuse Arnaud, elle est très douce, agréable, avec son sourire qu’elle garde toujours, c’est une amie que nous apprécions, d’ailleurs c’est la patronne ici sur la Lune comme chez vous votre président. Cependant elle n’a pas ce titre, ici on fait comme on veut, chacune, chacun fait selon son humeur, personne ne commande, la police est présente mais quasi inexistante. Rose parle beaucoup avec tout le monde et ne montre jamais sa supériorité. Et dire que le soleil a demandé le divorce, une  fille comme cela on la traite avec égard, on ne la frappe pas à lui en faire des bleus et des coupures. Cette femme Arnaud mérite le respect, elle a des aventures, seule toujours, on peut comprendre. Il ne faut pas lui faire de mal quoi.

         - Merci les filles, je désirais votre avis. A bientôt.

  Un bref renseignement au juge et il me conduisit dans un bureau avec tout le confort.

         - Voila Arnaud, tu as tout ce dont tu as besoin, sinon demande, moi, ne te gêne pas.

         - Merci pour ce début d’amitié Gilbert, on devra faire gaffe pendant le procès. Au fait tu es juge ?

         - Non, je m’occupe de la mairie, Je n’ai presque rien à faire car personne n’a besoin de papier ou autre. Je bosse aussi avec la poste, colis et courriers c’est mon métier, pour cette affaire je fus désigné, c’est le premier tribunal sur la Lune et sincèrement on ne connaît pas grand-chose dans ce domaine.

  Je lui expliquais pour le comportement de Lisa et le reste. Lui avoua aussi ma conduite.

         - Je sais Arnaud, je ne voulais pas te faire de mal croyant que tu ressentais quelque chose pour elle. Et pour Rose, ici tout le monde l’adore, c’est une femme formidable, elle est divorcée c’est vrai, mais le soleil ne cessait de la frapper, elle était marquée, des bleus, des coupures, on ne peut pas lui donner tort. C’est une jeune femme très bien qui adore les plaisanteries, nous l’adorons et elle le sait.

         - C’est elle qui commande ici ?

         - Pas vraiment, tout le monde commande, disons qu’elle peut s’autoriser à nous donner des consignes, mais c’est rare.

         - Je ne comprends pas Gilbert, quelque chose m’échappe, qui commande sur la lune ? Il faut des lois, l’état civil, donc une mairie et tout le reste, comme sur la terre.

         - Je connais la terre, je l’ai étudié, mais à coté nous sommes des primitifs car personne ne prend la peine de demander l’avis de quelqu’un et ma fois on se débrouille assez bien, mais il faudrait des lois et une personne à notre tête, un président en fait et toutes les institutions nécessaires. La lune est pauvre, nous aurions pourtant besoin d’argent pour l’entretien des routes, des maisons, pouvoir embaucher, il y a de la main d’œuvre, du boulot, de vrais patrons et des charges salariales. Les patrons ne peuvent pas prendre le risque de payer des ouvriers. On peut tous donner un peu chaque mois ou chaque année, il faudrait bien que cela change en effet. Presque tout est gratuit ici, on appelle cela rendre service mais parfois le service dure des semaines, alors si une entreprise reconnue s’en chargeait, il faudrait payer ce qui me semble normal. Et si tu savais tout ce qui se passe Arnaud…Enfin c’est ainsi, personne n’est malheureux toujours. Une chose fonctionne pas trop mal, la banque, chaque mois notre salaire est viré sur notre compte, qui dit banque pense argent, chéquier, carte, emprunts. Si c’était ainsi dans chaque domaine on serait je crois beaucoup mieux.

         - Houlà là, j’en apprends des choses !!! Je te comprends Gilbert, bon je vais me plonger dans ce dossier.

         - Oui, je te donne deux heures, ensuite on démarre, cela te va Arnaud ?

         - Bien sur, Je t’ai retardé assez comme cela. Fais venir mon copain.

         - Oh, je ne suis pas ton esclave, appelle sur son portable. Arnaud tu ne sais pas ?

         - Non ! Tu as l’air soucieux, un problème ?

         - Tu peux m’expliquer comment je dois être pour paraitre un bon juge. Je ne connais rien.

  Pendant une demi-heure Arnaud lui prodigua de sages conseils, il prenait de notes, beaucoup de note. Je terminais en me mettant dans la peau d’un juge…

         - Voila Gilbert, tu as le plus gros concernant un juge, surtout n’oublie jamais que tu es le seul patron et que chaque personne doit t’obéir et ne pas te répondre vulgairement, sinon tu donnes un avertissement ou une amende de cent à mille Euros. Si c’est plus grave, tu fais appel au service d’ordre.

         - Alors là Arnaud je me sens presque prêt, merci infiniment pour tes précieux conseils. A toi tout seul tu es un code civil et pénal vivant. Je te laisse une heure de plus. Préviens-moi au plus vite tout de même. Je vais réviser mes notes. 

          Aperçu 

CHAPITRE  SEIZE

CHEVAL AILE

 

  Je grognais pendant que Gilbert fermait la porte. Puis appela sur le portable de Paul, lui demandant de venir dans le bureau situé à coté de la fontaine. Ce ne fut pas long, Paul entra rapidement en s’excusant.

         - Ce n’est rien Paul, alors ça marche vous deux ?

  Paul se mit à rougir et cherchait une réponse.

         - Paul ! Ote-moi d’un doute, tu n’as pas couché avec cette jeune fille ?

         - Si Arnaud et nous n’avons rien compris, nous en eûmes envie ensemble, au même moment, alors on ne pouvait plus lutter. J’espère que nous n’avons pas été trop vite.

         - Tu l’as quitté en pleine forme ?

         - Elle était radieuse et elle m’attend dès que possible, d’après toi cela risque de durer entre nous deux ? Maintenant je redoute sa réaction et qu’elle me prenne pour un pauvre type sans la moindre parole.

         - C’est rapide, je le pense oui, mais j’aurai certainement agit de la même façon, tout est question d’amour et de fidélité, si vous avez déjà ces deux qualités, alors la vie vous appartient.

         - Et toi, tu en es ou ?

         - A zéro Paul, enfin presque, écoute moi bien, j’ai couché avec Lisa et ce fut assez rapide, moi aussi je me sens comme sale et j’ai presque honte de ma conduite, mais elle a commencé en se mettant nue, alors c’est mon instinct de mâle qui a prit le dessus. Alors je préfère qu’on ne parle plus de cette jeune fille, je ne lui en veux pas. D’une certaine manière j’ai agi comme toi, mais pas dans les mêmes conditions, cependant le résultat est bien là. Bon parlons boulot. Prends des notes au besoin, car vois-tu Paul, j’aimerais gagner ce procès et ceci rien que pour nous deux, car on la mérite cette victoire.

         - Je le pense aussi, je t’écoute Arnaud ! J’irai m’expliquer avec Aurore.

  Pendant une bonne demi-heure je mis au point notre stratégie, Paul prenait des notes en sténo, il tapa aussi des points délicats sur l’ordinateur et pour finir il imprima le tout. Il avait désormais un solide dossier lui aussi. Le temps passait rapidement, nous parlions encore, Paul me demandait des détails  et encore des détails, alors je répondais une à une à ses questions et re ordinateur imprimante.

         - C’est tout vieux ? Tu as encore des questions ?

         - Non, mais je me demande ou tu prends tout cela ?

         - C’est mon expérience Paul, sinon ici la peine de mort n’existe pas, par conte le gros détail dont je te parlais est bien dans le code pénal. On verra avec à la fin du procès.

Bon, il reste une heure, j’ai remarqué un genre de buvette sur la gauche et j’ai soif, tu viens avec moi ? Pour une fois que je paye !

         - Non, non on se retrouve dans une heure devant le tribunal, je ne vais pas te faire un dessin. Sache tout de même que je te laisse la priorité, mais comme tu peux te passer de moi par moments, à plus !!! Sérieusement Arnaud je veux la vérité pour Aurore, on doit pouvoir se comprendre.

         - File et parle à cette jeune fille, essayer d’avoir un bon dialogue sérieux.

         - J’y pensais justement, à tout à l’heure Arnaud.

  Je pris mon dossier et le code pénal et me dirigeais vers cette buvette. Rose, la lune me salua en marchant à mes cotés. Elle me  regardait étrangement aussi.

         - Vous avez le temps de venir prendre une boisson chez moi, j’habite juste là ? La maison à gauche près de la route.

         - Bien sur, je n’ai rien contre vous Rose, il me reste un peu de temps.

  Et là encore sans vraiment le comprendre et le vouloir, après le café Rose lui fit sentir combien elle était en manque et demanda à Arnaud tout simplement de coucher avec elle, juste comme cela pour lui rendre service. Alors devant cette femme encore si jeune et désirable, il fut difficile de se retenir et Arnaud ne chercha pas à analyser davantage, il allait passer désormais pour un moins que rien, pour un pauvre type, mais en cherchant bien, était il en tort ? Est-ce qu’il faisait du mal à une autre personne en agissant ainsi ? La réponse bien sur demeurait non, mais qui serait de son avis. Une bonne demi-heure plus tard une fois de plus ils se rendirent ensemble sans rien laisser paraître a la buvette. Un homme pour changer. Assez jeune, on va dire la quarantaine passée, peut être quarante cinq, genre aimable, souriant, avenant.

         - Monsieur bonjour, que désirez-vous ? Et toi Rose ?

         - Je me mets à l’ombre à la table là-bas, servez-moi une grande bière s’il vous plait.

         - Et pour moi Maurice un thé menthe, ajouta Rose en jouant très bien son rôle.  Je suis l’invité de ce monsieur, sourit elle en prenant place.

  Une fois assis Arnaud posa son dossier sur le coté avec le bouquin, Rose but une gorgée.

         - Vous désirez défendre ce couple de personnes, ces supposés voleurs ?

         - C’est cela même Rose, je suis aussi avocat ne l’oubliez pas.

         - Je le sais  maitre Arnaud. Ce procès vous allez le perdre car nous avons des preuves et ce couple de personne ne peut plaider non coupable.

         - Et pourquoi s’il vous plait ?

         - C’est vous-même qui les avez emmené ici, donc ce sont biens les deux personnes qui volèrent les étoiles ?

  Houlà ! Elle réfléchit bien dame Lune.

         - Dites moi Rose, c’est vous qui allez juger ?

         - Non, moi je suis partie civile tout comme mon ex-époux Le Soleil, on doit se défendre pour ce préjudice Arnaud.

         - Donc vous avez des avocats ?

         -  Pas vraiment, en fait nous n’en avons que trois pour tous les cas.

         - Ah bon ! Et qui sont les avocats de messieurs Jupiter et Zeus ?

         -  Toujours les mêmes avocates.

         - C’est parfait, je prends note, qui sont ces avocates ?

         - Il y a Léa, Célia et Claire, Ou d’autres, ici les avocates peuvent changer. Vous les avez peut être déjà aperçus. C’est un procès délicat et la peine sera très lourde à l’image de ce que nous subîmes autrefois.

         -  Dites-moi Rose, pouvez vous me prouver que ces quatre étoiles manquent ou on manqué des le ciel ? Moi, je ne le pense pas !

         - Sincèrement non et moi j’avais fermé des yeux, ce sont les étoiles qui a l’époque décidèrent qu’un jour ce procès aurait lieu.

         - C’est pas mal comme programme, alors je vais rester et après le jugement on verra.

         - Bonne chance  Arnaud, moi personnellement je n’ai rien contre vous,  mais je devais appliquer la loi, donc porter plainte  conte la terre. Et j’en fus la première désolée.

         -  Je vous crois Rose et je vous remercie, moi non plus je ne vous en veux pas, on restera de bons copains si vous le désirez.

         - Vous pensez rester ici par la suite ?

  Je bus tranquillement une bonne gorgée de bière en fixant la Lune.

         - Je n’ai aucune raison de demeurer ici, puis je suis un terrien, mais si j’ai le droit, je reviendrai revoir mes vrais amis.

         - J’en fais partie j’espère ?

         - Bien sur Rose.

  Je terminais ma bière tranquillement, La Lune me fixait.

         - Oui ?

         - Rien Arnaud, j’attendrais votre venue. La venue d’un homme un peu comme je l’imaginais, pas mal, sachant dialoguer et comprendre les choses et la vie. Et qui sait si nous deux par la suite, avec le temps et le recul. Vous vous êtes rendu compte à quel point je suis seule.  Excusez-moi je raconte n’importe quoi, vous êtes prêt pour ce procès ?

         - Oui. Pour nous deux Rose, l’avenir le dira, mais je n’y crois pas encore, vous  verrez. Tout va trop vite.

         - Je comprends, pour vous déjà il y a eu Lisa puis moi, c’est énorme et incroyable. Mais pourtant c’est bien le reflet de la vie et loin d’être un crime. Vous savez comment résister à une femme j'espère car la plupart sont mariées. Ne m’en veuillez pas pour ma franchise.Il faut éviter le mal et je vous en voudrais énormément si vous tentiez de chercher après mes amies. Quelque chose me dit que ce n'est pas votre genre.  Je vais prévenir le juge et le reste. Il y aura certainement une coupure pour le repas.

  Arnaud compris alors que tout le monde devait savoir et allait aussi être au courant pour lui et Rose. Il appela Paul et lui expliqua tout, lui au moins ne serait pas surpris par sa conduite. Rose s’éloigna en souriant, une beauté cette femme et nous sommes presque des ennemis. C’est dommage car nous aurions pu devenir plus proches, plus intimes et simplement être des amis d’un jour ou d’une vie. Après le procès j’aviserais, nous sommes ennemis pour le procès sans plus… Paul était  plongé   dans  ses  notes, je m’asseyais à ses cotés.

         - Alors Paul, que raconte l’ensemble de ce dossier ?

         - Pas grand-chose, que pensais-tu trouver ?

         - Une faille, une erreur, que sais-je ?

         - Il n’y a rien Arnaud, le plus gros réside dans ces deux feuilles, lis les...

  Je m’emparais du dossier et je pu lire sans le moindre effort cérébral... «  Il y a vingt ans cette année, deux personnes ont volé quatre étoiles, des étoiles en exercice, pendant leur travail. Un jour ces deux personnes paieront pour ce grave vol prémédité. Le jour de ce procès avec les meilleurs avocats, rien ne changera. Le verdict tombera tel le couperet sur le cou de l’assassin »

  En secouant la tête je donnais les feuilles à Paul qui rangeait avec précaution et savoir. Bientôt  l’heure, on devait se préparer. Je bus une gorgée d’eau juste au moment au la porte s’ouvrit. Deux hommes vêtus de vert comme les académiciens de chez nous entrèrent, ils portaient un insigne de la police «  Police lunaire ».

         - Messieurs nous venons vous prévenir que c’est l’heure, le tribunal est en place et la cour vous attend.

         - Merci messieurs, nous sommes prêts et nous partions justement.

CHAPITRE DIX-SEPT

CLAIRE LES YEUX PERDUS

 

   Nous sortîmes et pendant  un long moment nous cherchâmes, le grand bâtiment n’était plus là, pas plus que le tapis rouge,  nous cherchâmes en vain. Notre promenade nous fit traverser un bois, plus loin la mer et une plage immense, sur la plage une jeune fille seule semblait fixer cette vaste étendue. Cette jeune femme comme perdue dans ses pensées plut tout de suite à Arnaud, ses cheveux passaient du reflet blond au chatain, selon l'humeur de la mer ou du vent. Arnaud se promit si possible de la revoir, mais en souhaitant que cette dernière ne soit pas comme les autres.

         - Qu’as-tu Arnaud, c’est cette fille qui te met dans un tel état ? Tu sembles figé et ailleurs. Je l’ai déjà aperçu, elle se prénomme Claire, une célibataire très respectée et qui malheureusement  est aveugle depuis des années. C’est l’une des avocates de ce procès.

         - Ah bon, Quel dommage si jeune ! Bon où est se fichu tribunal ?

  Les deux copains se retrouvèrent après une centaine de mètres à une autre grande place plus triste, plus austère, on devinait cette fois ci que le moment tant redouté était dans le coin. Pas mal, encore le grand tapis rouge, et le même tribunal. Arnaud enfila sa robe noire et pénétra  dans la salle des pas perdus et on pouvait apercevoir beaucoup d’hommes habillés de vert, donc la police veillait.  Une autre porte s’ouvrit et voilà, ils purent reconnaître pas mal de monde, comme Rose, son ex un peu plus loin, l’avocate Léa qui était partout à la fois. On nous désigna notre box aux premières loges, juste devant la place du juge. Les parents se tenaient debout garder par quatre agents, un signe et ils s’éloignèrent. Un court moment de silence et j’entendis.

         - Mesdames messieurs la cour !!!

  Alors comme un bloc tout le monde se leva. J’observais alentour, cette salle de grandeur immense était habillée sur tous les murs de tentures  de diverses couleurs, comme le vert, le rouge et le bleu qui prédominaient. Vers le plafond descendaient de merveilleux lustres tout de givre éclairés. Au sol des tapis de couleurs contrastantes avec le plafond. Les fauteuils verts coté  juge, pour nous des rouges confortables et un long bureau ou nous avions posé nos quelques pages plus les deux livres de code. Celui d’ici et le mien, celui de la terre.  Paul attendait un stylo à la main, devant lui un sac assez grand. A coté d’elle  Pauline tremblait un peu, sur sa droite ses parents essayaient de la rassurer. Un court moment je croisais le regard de Rose qui semblait garder le sourire à l’image de son mari le Soleil qui avait pris des journées de RTT. Auprès d’eux en bordure d’allée  l’avocate Léa. Plus loin Zeus et Jupiter avec leurs arrogances. Il faut savoir qu’ici tout fonctionne par les prénoms. Peut être un peu moins sérieux que nos tribunaux. Le Jury se composait de sept juré(es) avec comme responsable un homme qui comme ses collègues du jury portait sur son pull le numéro un, ensuite les jurés allaient du numéro deux jusqu’au numéro sept. Donc le jury marchait par numéro, de un a sept, c’est bien cela. Quelqu’un me tirait par la manche, je réagis vivement en m’asseyant, pris par le fait de tout bien situer dès le début, je n’avais même pas remarqué que le juge avait fait asseoir tout le monde. Cela passa presque inaperçue ou alors on excusait ma curiosité. Le juge Gilbert regardait lui aussi un peu partout, le long du mur sur sa droite huit policiers étaient en faction et prêts à intervenir pour le cas ou...L’ensemble demeurait très bien organisé, ce fichu procès allait pouvoir débuter. Paul prenait des notes et me les passait. Le juge cherchait quoi dire, oui vous avez bien compris, il cherchait ses paroles, ses mots.

 Et il débuta par ceci...

         - C’est à ma connaissance le premier procès qui a lieu sur la Lune, de ce fait nous allons tous faire preuve de politesse, de courtoisie, si une personne à la parole défense de l’interrompre à moins d’un motif sérieux. Sachez aussi que vous pouvez prendre la parole n’importe quand, ici la hiérarchie nominative et les formules de politesses extravagantes n’ont pas lieux. On parle avec son prénom, la parole est à la personne qui veut dire quelque chose de sensé à condition que les autres parties soient entièrement d’accord. Je déclare la séance ouverte.

         - Vous avez compris Paul ?

         - Il me semble bien oui, surtout pour la parole, on parle quand on veut, pas mal comme nouvelle,  Le juge ne connaît rien sur un quelconque tribunal, c’est la première fois qu’il exerce, alors si tous les autres sont comme lui, avocats et jury, on a des chances de remporter ce grand procès.

         - Possible en effet, écoutez à présent et tout comme moi  Paul, retenez ce qui semblera mystérieux ou manquant d’aprioris.

  Et en baissant la voix d’ajouter !

         - « Paul n’oublie pas que l’on se dit vous, on doit être très sérieux et crédible.

         - J’y songeais Arnaud. Drôle de tribunal que celui-ci !

         - Méfiez-vous Paul, on peut aussi nous montrer une facette différente de la vérité.

         - Vous voulez dire que tous ces gens feraient semblant de ne pas connaître la loi pour que nous relâchions nôtre garde ?

         - C’est possible Paul, on va vite savoir si ce beau monde fonctionne différemment de nous, cela je vous le garantie.

         - Je vous fais confiance Arnaud, au fait on s’appelle par le prénom ou par Maitre ?

         - Maitre fera plus sérieux, on va aviser par la suite.

  Je juge secoua le micro qui comme tout le reste avait des soucis, un sifflement nous vrilla les trompes d’eustaches, le juge cogna le micro contre sa table et ma fois le miracle eut lieu, le silence se fit.

         - Je vais vous relater les faits brièvement car chacun connaît cette terrible histoire qui peut conduire à la mort des accusés (es) et…

  Je me levais d’un bon en jetant et en fixant le juge...

         - Vous parlez de la peine de mort monsieur le juge ?

         - Tout à fait Maitre Arnaud.

         - Vous vous rendez compte, «  La peine de mort, » elle n’existe pas voyons.

         - Excusez-moi Maitre Arnaud, en effet oui, l’issue de ce procès peut conduire à un jugement extrême, donc pourquoi pas la mort.

         - Votre honneur, est-ce que la punition allant jusqu’à requérir la peine de mort figure dans votre code pénal ?

  Le juge se plongea dans la lecture de son code...

         - Arnaud, murmura Paul.

         - Oui, que désirez-vous ?

         - La peine de mort n’existe pas ici. Soyez rassuré.

         - Je le sais Paul, que de précieux conseils vous m’abreuvez !

  Je juge referma son bouquin, me regarda avec force mais je n’avais pas envie de baisser les yeux pour si peu.

         - Non Maitre Arnaud, la peine de mort n’est pas de mise, par contre vos clients risquent une peine de prison à vie.

         - Nous y reviendrons sur ce point monsieur le juge. Je vous laisse poursuivre.

         - Merci Maitre.

  A ce demander qui commande ici, en effet tout laisse à désirer. Le juge prit la parole...

         - Cette affaire, mesdames et messieurs remonte à vingt longues années. Pendant tout ce temps dans le ciel il manquait quatre étoiles, nous sûmes que deux personnes cette fameuse nuit vinrent sur la Lune pour voler les quatre étoiles. Ces deux personnes sont ici aujourd’hui pour répondre de leurs actes, je demande pour cela une peine exemplaire.

  Paul se leva et calmement lança.

         - Objection votre honneur, vous réclamez une lourde peine avant de connaître l’issue de ce procès. Et pour ce faire il me semble qu’ici un jury vous remplacera.

         - Ah...Objection retenue maitre suppléant Paul.

  Paul se laissa aller dans son fauteuil et prit encore des notes. L’avocate Léa, se leva et   marcha de long en large, elle passa devant nous l’air hésitante, encore une merveille, je sais je me répète mais ces filles ou femmes sont des lus agréables, pas des canons de magasines, loin de là, mais toutes charmantes.

         - Monsieur le juge, je demande à ce que l’accusé monsieur Monate aille à la barre. J’ai des questions à formuler.

         Le juge fit aussitôt asseoir le papa dans le box auprès de lui. Léa posa la première question.

         - Vous êtes bien monsieur Monate ici avec votre femme et votre...

  Paul clama assez fort...

         - Objection votre honneur, l’avocate de la défense interroge monsieur et non pas toute la famille Monate.

         - Objection accordée Maitre, poursuivez  Léa.

 

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CHAPITRE DIX-HUIT

REGARD ETRANGE

 

  En commençant à faire la tête et un peu déstabilisée, Paul se prenait pour un avocat et s’y croyait. Arnaud cacha son sourire. L’avocate poursuivit...

         - Vous êtes bien monsieur Monate ?

         - Oui Maitre.

         -  C’est bien vous qui êtes venu chez nous il y a vingt ans en pleine nuit ?

         -  Oui Maitre.

         - Donc vous reconnaissez les faits ?

         - Tout à fait madame.

         - Bien, donc vous avez décidé lors de ce procès vouloir rendre les quatre étoiles ?

  Le papa hésitait et cherchait du secours en nous regardant. Alors je me levais…

         - Maitre Léa, la réponse est oui, nous sommes là pour rendre ce qui n’est pas à nous et on vous le prouvera à la fin de ce procès.

         - Je vous remercie Maitre Arnaud. Votre client peut réponse, enfin…

  La salle était assez silencieuse et je fis remarquer à Paul que c’était assez bien parti. Alors en murmurant Paul me dit.

         - J’avais remarqué Arnaud, tiens c’est marqué sur cette feuille, tous ces gens connaissent cette affaire par cœur.

         - Ce qui n’empêche pas d’avoir besoin de note. Et ceci à tout moment.

  Léa poursuivait en prenant son temps.

         - Vous êtes venu ici avec votre épouse madame Monate ?

         - Oui Maitre. Et aussi avec notre fille Pauline qui a vingt ans.

         - Parfait, je peux savoir pourquoi votre fille est là ?

         - Elle désirait ne pas nous quitter sans plus. Nous ne nous sommes jamais séparés de toute notre vie. Alors où nous allons, elle va aussi.

         - Monsieur Monate, dites-moi, où sont les quatre étoiles ?

         - Je refuse de répondre à cette question madame.

  Léa parla en demeurant calme !!!

         - Ou sont les étoiles monsieur ? Et allez vous les rendre ?  Ne cherchez pas à gagner du temps, vous n’avez rien à gagner en agissant de la sorte. C’est vraiment un comportement stupide. Excusez ma franchise.

  D’un bond je fus auprès du père.

         - Objection votre honneur, on pose deux questions à la fois à mon client, de ce fait  ce dernier semble ne plus savoir quoi répondre, ce qui est ma fois compréhensible.

         - Accordez Maitre Arnaud, je vais surveiller, allez vous asseoir.

         - Merci votre honneur.

  Léa en esquivant un sourire de contentement  se  rendit à  son bureau  et revint avec une grosse enveloppe.

         - Du nouveau, murmura Paul ? Je ne comprends pas ce que cherche monsieur Monate, il va directement à sa perte et vous le laissez agir ainsi Arnaud ?

         - Il peut mentir, ce procès ne donnera rien, vous pensez qu’après vingt années on puisse reconnaître des personnes que l’on n’a  jamais vu ?

  Le juge plus que patient prit tout de même la parole.

         - Maitre Léa  en avez-vous terminé avec l’accusé ?

         - Non votre honneur, devant tant de mensonges, je vais procéder autrement, déclara  t’elle.

         - Alors pressez-vous un peu s’il vous plait.

         - Oui votre honneur.

  Et s’approchant de monsieur Monate.

         - Ainsi monsieur, Monate vous niez  être venu  dans le ciel il y a vingt ans ?

         - Si vous le dites Maitre !

         - Vous essayez de gagner du temps ? Clama-t-elle en prenant la cour à témoin.

         - Non Maitre.

         - Donc ce n’est pas vous ?

         - Non Maitre.

         - Bien, monsieur le juge j’aimerais avoir les parents ensemble, est-ce possible ?

  Le juge appela la maman qui prit place auprès de son mari. Léa attaqua aussitôt.

         - Madame Monate que pouvez-vous ajouter aux propos de votre époux ?

         - Rien Maitre, c’est la stricte  vérité ! Mon mari ne ment jamais.

  Dans mon coin, je soupirais longuement en écoutant ces propos qui ne vont rien arranger, Paul secoua la tête en cherchant lui aussi.

         - Arnaud, il faut faire quelque chose et vite, nous perdons toute crédibilité.

         - Je le comprends Paul, c’est n’importe quoi et on ne peut rien faire. Attendons.

  Maitre  Léa poursuivait relax...

         - Madame monsieur, vous pouvez me dire en ce cas ce que vous faites dans ce tribunal, votre place est sur terre, non ?

  Là le père commençait à prendre peur, la maman tremblait. Maitre  Léa alla  jusqu’à son bureau, dans un sac posé sur le sol, elle retira une grande enveloppe, puis elle revint auprès des parents. Elle posa sous les yeux des parents trois photos.

         - Regardez bien ces photos madame monsieur, qu’y voyiez-vous ?

Les parents semblèrent d’un seul coup effondrés.

         - Alors, reprit Maitre  Léa, sur ces trois clichés vous ne vous reconnaissez pas ? Ces photos furent prises cette fameuse nuit par nos étoiles flasheuses à têtes électroniques, ce que chez vous vous appelez le top de l’électronique et le laser il me semble, ici vous savez nous sommes très biens équipés et là preuve de ce que j’avance vous l’avez devant vous. Vous permettez !

  Ce disant  Léa montra au juge les photos.

         - Votre honneur je vous demande de regarder et de prendre une décision.

  Le juge s’abima un court moment dans ces photos, il compara mais il n’y avait plus aucune place pour le doute.

         - Que ces photos soient jointes aux dossiers avec la mention, pièce à conviction numéro quatre. Madame, monsieur que cherchez- vous à prouver, on vous reconnaît très bien sur ces trois photos ?

  Alors le père craqua et ajouta, pendant que la maman pleurait.

         - Nous avons peur votre honneur et comment savoir pour les photos, oui c’est nous, mon épouse et moi, c’est nous qui avons volé ces étoiles. Je demande au jury de me pardonner pour ce mensonge, mais la peur parfois nous dicte une conduite à adopter alors que nous aimerions que ce soit le contraire. Je suis désolé Maitre Léa. Nous allons aussi à la fin de ce tribunal rendre les étoiles.

  Je juge réfléchit un moment et nota sur un cahier. Puis...

         - Maitre vous avez encore des questions à poser aux accusés ?

         - Non votre honneur répliqua Léa, peut être plus tard.

  Et se tournant vers nous.

         - Les accusées sont à vous Maitres Arnaud et Paul.

  Je me levais, et me plaça devant le couple.

         - Dites moi vraiment, pourquoi ce mensonge qui peut vous mener à votre perte, madame et monsieur  Monate ?

         - La peur, répondit le père, uniquement la peur, puis cet endroit, un procès dans le ciel, si cela se trouve on ne reverra jamais la terre ?

         - Si j’avais la réponse, je vous la donnerais monsieur. Vous vous rendez compte dans quelle position vous nous mettez avec vos mensonges, vous croyez qu’avec cela nous allons pouvoir paraitre sérieux devant monsieur le juge et le jury de  ce tribunal d’assises, savez-vous que vous pouvez écoper d’une peine de prison de dix comme vingt ans ?

         - Je vous demande pardon Maitre Arnaud, qu’allez-vous faire ?

         - Je ne le sais pas encore, répétez moi une chose monsieur Monate, vous allez bien rendre les étoiles ?

         - A la fin de ce procès oui c’est promis et là je suis sincère.

         - Parfait, je n’ai pas d’autres questions votre honneur.

         - Merci Maitre Arnaud.

CHAPITRE  DIX-NEUF

                                                 PARMI LE CIEL

 

  Je retrouvais mon bureau en me posant des questions.

         - Cela va aller Arnaud ?

         - Oui...Il le faut, mais je ne sais plus quoi faire.

         - On va tenter de rétablir la balance Arnaud, être au moins à égalité avec  l’avocate Léa et ensuite comme le disait le juge tout à l’heure, on va parler le plus possible avec les avocates, le juge, le jury et tout ce qui pourrait nous porter préjudice.

         - Oui...C’est une idée, puisque tout le monde a le droit d’agir ainsi.

  L’avocate du Soleil, une nouvelle arrivante guidée par son amie, semblait décider à frapper un grand coup. Je la contemplais le souffle coupé une fois de plus, cette jeune femme bien sur en  robe bleue était belle, j’ose employer ce terme, on lui donnait à peine vingt ans, son visage angélique me passa partout, ces très longs cheveux blonds ou châtains descendaient en vagues ondulantes. Jamais, mais alors jamais je songeais un jour à croiser le chemin d’une telle personne, je demeurais tétaniser, le souffle coupé et je ne pouvais m’empêcher de la contempler, je me posais la question suivante : «  Existe elle  vraiment ou suis-je en train d’affabuler ? Alors sans le moindre réflexe je l’écoutais, en plus elle ne savait pas parler, de ses lèvres sortaient uniquement des murmures. Elle se forçait pour  parler assez fort en s’adressant au père. Paul qui me regardait en coin semblait comprendre mon état d’âme…Pourtant cette jeune fille n’avait rien de plus que ses amies, c’est moi qui la trouvais jolie. Cela ne s’explique pas. Son amie restait à ses cotés pour la guider au besoin.

         - Monsieur Monade, mon client monsieur le Soleil demande réparation pour ses vingt longues années, il est bien sur partie civile dans cette affaire, tout comme son ex épouse  Rose de son nom de Lune. Tout à l’heure je vais demander au juge une peine exemplaire contre vous deux. Je peux poursuivre monsieur le juge ?

         - Je vous en prie Maître Claire !

         - Merci votre honneur, en plus pour la suite je serai avec Léa, à nous deux en joignant nos forces nous pouvons créer la différence. C’est vous dire que ce procès vous allez le perdre.

  Paul se leva et en élevant la voix il déclara.

         - Objection votre honneur, de quel droit Maître Claire se permet-elle de donner son avis sur l’issu de ce procès ? Autant mettre ce couple tout de suite en prison et renvoyer chez eux les membres de ce jury !

         - Objection accordée Maître Paul, mais s’il vous plait changez de ton !

  Sans rien laisser paraître Paul retrouva son fauteuil en secouant la tête d’impuissance.

         - C’était bien essayé Paul, mais à présent le juge est avec les avocats, donc tout le monde se trouve contre nous à part peut être le jury...

  Puis d’un seul coup  les deux avocates se mirent à l’écart et parlèrent ensemble en adressant un signe à une autre femme avocate. Toutes les trois à voix basses parfois en ce tournant vers nous continuaient à se mettre en état de supériorité. Que faire, je pensais que ce tribunal ne pouvait pas gagner, cependant l’avantage et la balle de match étaient à leur portée.

         - Monsieur le juge, je demande que la Lune vienne à la barre.

  Le juge me regarda et les parents revinrent s’asseoir. La Lune prit place à son tour.

         - Madame La Lune, je me pose beaucoup de questions sur la suite. Écoutez-moi, vous désirez une peine lourde et tout cela pour une vielle affaire ?

         - C’est exact Maître Arnaud.

         - Rose avez-vous un lien de parenté avec les étoiles ?

         - Je ne le pense pas.

         - Soyez plus claire je vous prie ?

         - Je n’ai aucun lien avec les étoiles.

         - Alors pourquoi avez-vous ce comportement et vouloir une lourde peine ?

         - Maître Arnaud, si l’un de vos amis à des problèmes, vous cherchez à l’aider ?

         - Je pense que oui madame.

         - Alors ici c’est la même chose, nous somme tous solidaires.

         - Très bien, pour l’instant cela me suffit.

  Rose se leva et regagna sa place.

         - Autre chose Maître Arnaud ?

         - Oui votre honneur, j’appelle monsieur le Soleil à la barre.

  Ce dernier en souriant prit place et continua de sourire bêtement.

         - Monsieur le Soleil, êtes-vous de l’avis de votre ex dame la Lune ?

         - En parlant de la Lune employez le mot épouse.

         - Sauf erreur de ma part monsieur, vous êtes bien divorcé ?

         - Et alors, ce n’est pas votre problème, est-ce que je vous demande si vous avez une femme et des gosses chez vous en bas ? Mais je ne le pense pas sinon celle-ci serait trompée très souvent. J’ajoute pour ce tribunal que Maître Arnaud à déjà depuis son arrivée entretenu des rapports avec mon ex épouse et Lisa. Compliment Maître Arnaud, vous avez d’autres rendez-vous de prévus dans les heures à venir. Vous arrivez et sans connaître vous couchez avec deux femmes. Monsieur le juge, Maître Arnaud ne devrait pas se trouver ici parmi d’honnêtes gens.

  Aussitôt gros murmures, tantôt contre Arnaud, d’autres préféraient se taire, refusant encore de juger. Le Soleil marquait des points et riait bêtement.               

         - Ma vie privée ne vous concerne pas monsieur, renseignez-vous avant de parler, ce que vous dites est exact, mais l’avis de ces deux femmes comptent, elles pourraient simplement ajouter qu’elles étaient consentantes et plutôt ravies. N’oubliez pas que vous vous trouvez devant une cour d’assises. Je réitère ma question « Etes-vous de l’avis de votre ex épouse la Lune ? Répondez- moi !

         - Tout à fait, il faut que les erreurs du passé se payent Maître Arnaud.

         - Soleil, je ne suis pas obligé de parler de votre ex en disant votre épouse, ce titre vous ne le méritez plus. Tout le monde le sait.

         - Objection votre honneur, Maître Arnaud se trouve hors sujet, la vie privé de mon client ne regarde personne.

         - Accordez Maître Léa. Poursuivez Maître Arnaud !

         - Sauf votre respect votre honneur et pour poursuivre sur ce point houleux, j’ajoute pour Maître Léa et ses collègues que ma vie privée ne concerne également que moi.               

         - Poursuivez Maître Arnaud, je n’ai rien entendu.

         - Les quatre étoiles qui manquent vous ont-elles par le passé empêché de vivre normalement ?

         - Objection monsieur le juge, cette question ressemble à un piège volontaire.

         - Accordez Maître Léa, poursuivez Maître Arnaud.

  On peut d’après le règlement parler à qui l’on veut, voyons voir....

         - Maître Léa, que redoutez-vous dans ma question ?

         - Elle peut être à double sens. Sans plus.

         - Donc vous avez des secrets à caché à la cour ?

         - Non Maître Arnaud, je ne fais que défendre mon client.

         - Parfait, je n’ai plus de question pour le moment, mais nous allons y revenir très vite.

         - Maître Arnaud, votre défense laisse à désirer.

         - Autant que la vôtre Maître Léa. Jusqu’ici je n’ai entendu que des mensonges ou des mots sans la moindre importance. Des calomnies pleines de bassesses. C’est valable pour vous aussi Maître Claire et pour votre collègue qui se nomme ?

         - Maître Célia. A trois on devrait aboutir à quelque chose.

         - Votre honneur, clama l’autre avocate Célia, Maître Arnaud nous insulte ! Et je n’apprécie pas du tout.

         - Je le cons